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2 décembre 2008

Dailylit lance l'échantillonneur de livre

DailyLit, éditeur numérique innovant, lance un nouvel outil, Book Samplers, qui combine les extraits de différents titres. Les extraits sont envoyés aux lecteurs sur le logiciel personnalisé de Dailylit (sur ordinateur ou iPhone, Blackberry, ndr) via courriels ou rss, permettant aini aux lecteurs de recevoir de courts extraits des nouveautés chaque jour. Les extraits sont développés de manière à faciliter la découverte et la sélection des titres. Chaque titre présent dans l'échantillonneur contient un lien qui permet au lecteur d'accéder instantanément au livre sur Dailylit ou de l'ajouter à leur liste de livre à lire sur le site. Les échantillons sont gratuits et les ouvrages complets ont un prix allant jusqu'à $9,95. "Avoir un avant goût quotidien d'un livre livré directement par courriel est une excellente manière de découvrir de prochaines lectures" affirme Susan Danziger, CEO de Dailylit. "Et si vous aimez un livre, vous pouvez continuer de le lire immédiatemment. Voir l'échantillonneur
via BookPublishingNews

6 novembre 2008

Why Publishers Should Care About SEO : Compte-rendu vidéo

J'en avais assuré la promotion, voici le compte rendu vidéo d'une conférence O'reilly en ligne dédiée à l'optimisation pour moteur de recherche (SEO) pour le secteur de l'édition qui m'avait plutôt satisfait.

Je vous invite par ailleurs à visiter la page O'reilly sur Youtube : on trouve de nombreuses vidéos fort intéressantes. On notera notamment (cela devrait intéresser Bibliobsession, Bibliosurf et consorts) le compte-rendu de la formation
Trends and Technologies in Where 2.0

Via TOC

9 mai 2008

Les auteurs gagnent en authonomy ?

HarperCollins vient de lancer authonomy.com en version bêta privé . Le concept, très proche de celui de publie.net (François a toujours un temps d'avance), est simple : les auteurs en herbe peuvent charger sur la plateforme les chapitres de leurs opus afin que le reste de la communauté puisse les lire, faire des commentaires et éventuellement favoriser l'émergence d'un titre via le bouche à oreille.
HarperCollins devient ainsi le premier éditeur a intégrer un site communautaire dédié aux auteurs et à leur critiques. L'architecture du site est agréable et ressemble quelque peu aux bibliothèques tels que Librarything ou Babelio, la partie conception éditoriale en plus.
Comme le remarque James Bridle de booktwo.org, le véritable défi sera de sensibiliser les auteurs non publiés et de les persuader de déposer leurs travaux en ligne.

La fin d'O'Reilly France

Coup de froid et mauvais signal pour l'édition numérique:
O'Reilly France ferme boutique.
Alors que Tim développe ses activités tout azimuts outre-atlantique, le marché francophone de l'édition informatique (et STM au sens large) n'assure pas un cash-flow suffisant pour le maintien de la structure française.
Toujours est-il que cela risque de porter un coup au développement numérique de l'édition STM qui était jusqu'à présent en première ligne.
via immatériel

15 avril 2008

Lier son site à Google Book Search ?

Lors d'une conférence au dernier salon du livre, Evan Schnittman, vice-Président d'Oxford University Press USA avait démontré de manière très quantitative les bénéfices retirés de la participation au programme Google Book Search. La solution permettrait d'augmenter la présence (discoverability) des titres et particulièrement ceux du catalogue, le fonds représentant 80% du CA d'OUP. En outre, le taux de transformation des personnes passant par Book Search serait deux fois plus grand que la moyenne.

Le blog d'Hitwise annonce que Google a développé une application basée sur Book Search et étudie son impact sur la vente en ligne au Royaume-Uni. Il est désormais possible de faire des liens vers
Book Search (voir l'exemple fort peu esthétique) et d'utiliser l'application comme outil de feuilletage en ligne et de renvoi vers les sites marchands. Pour disséminer cette API, Google compte utiliser son réseau de bibliothèques universitaires et a monté des partenariats avec des acteurs tels que Library thing ou Scriblio.

Pour les puristes, je recommande également un billet de Tim O'reilly présentant, graphes à l'appui, les effets de
Google Book Search sur les ventes du catalogue (backlist) aux formats électroniques.

24 mars 2008

Changements numériques et acclimatation des oiseaux rares

Le Penguin Group continue de déployer son activité numérique. Bien que de fortes évolutions ont marqué le site US (refonte du site, zone dédiée aux professionnels, vente en ligne des titres aux formats électroniques...), j'aimerais centrer notre attention sur les évolutions de l'activité au Royaume Uni, plus proche du marché français.

Le site penguin.co.uk a connu une refonte. Il intègre à présent des applications 2.0 (blog, syndication rss...) et son ergonomie s'est fortement améliorée (navigation interne, pertinence des liens vers les autres sites du groupe...). Il propose une découverte de l'œuvre avant achat avec Tasters, un outil de mise à disposition des premiers chapitres de toutes les nouveautés aux formats électroniques (pour PC, livres électroniques, Palm, Blackberry et iPhone).

Penguin s'est par ailleurs ouvert aux plateformes communautaires et dispose de pages sur la plupart des réseaux sociaux (FaceBook, Twitter, MySpace). Ceci permet de multiplier les zones de contacts avec d'éventuels lecteurs potentiels.
Penguin a également lancé cette semaine une expérience littéraire,
We tell stories, basée sur une série de six nouvelles utilisant Google Maps, laissant suffisament d'indices pour faire apparaître une septième histoire, cachée sur la toile et faisant l'objet d'un concours (à découvrir chez Virginie).
Enfin, le premier titre des Penguin Enhanced e-Book Classics, une série de titres disponibles aux formats électroniques verra le jour en mai prochain. Les livres électroniques contiendront des bonus comme une filmographie et des illustrations. Le recours aux classiques peut en effet constituer un socle intéressant pour tester les possibilités du numérique. Mais un prix équivalent à la version papier et une offre restreinte (seulement 10 titres proposés en 2008) ne me semblent pas de nature à développer structurellement le marché.

Petite vidéo de Reuters qui reprend certains de ces éléments:


Note intéressante, Publishers Weekly rapporte que Genevieve Shore, global digital director du Penguin Group a annoncé que les ventes aux formats électroniques pour les deux premiers mois de 2008 s'effectuent sur tous supports, le premier étant le Sony Reader (et non le Kindle).

6 mars 2008

Analyser les pratiques numériques

L'agence Wiggin a publié la version 2008 du rapport sur les divertissements numériques au Royaume-Uni. Puissante analyse des comportements induits par les pratiques numériques, l'étude porte son attention sur les livres audio et les livres électroniques.

Qu'apprend-on des habitudes outre-manche ? Un attachement très fort au livre papier (76 % de l'échantillon), un intérêt pour les livres électroniques (45 %), mais une relative méconnaissance des supports électroniques (68%) et audio (69 %).

A la question How appealing do you find the concept of the "e-book"? la réponse est négative à 61 % en matière de livres électroniques et à 63 % en matière de livres audio. Une très large majorité des personnes interrogées ne pense pas se tourner vers une offre électronique dans les six prochains mois.
Les fabricants de supports doivent donc améliorer techniquement les terminaux de lecture, les éditeurs fournir plus de titres dématérialisés et les marketeurs susciter l'envie.

5 mars 2008

Marchés B2B, business modèles

En écho au billet de J.-M. Salaün sur les résultats 2007 de Reed-Elsevier, je souhaitais faire un parallèle avec la copie de Wolters Kluwer (WK) et mettre en exergue la dynamique des groupes qui ont intégré depuis quelques années la dimension numérique dans leur stratégie de développement.

Editeur de plusieurs centaines d’ouvrages et périodiques à destination des professionnels, WK se définit aujourd’hui comme un leader des solutions d'information pour les professionnels. Tout comme Reed–Elsevier, le groupe opère depuis quelques années un glissement de son activité. En complément du support papier, WK propose une vaste gamme de progiciels de gestion (ERP) et autres solutions en ligne accessibles via des portails ou des webservices. En 2007, les revenus tirés de ces activités en ligne ont progressé de 9% et représentent dès lors la moitié du chiffre d'affaire du groupe. Une grande partie de l’activité étant effectuée outre-atlantique, la faiblesse de l’USD a impacté sur la croissance du chiffre d'affaire qui s'établit à 1%. Ceci est contrasté par une progression de 25% du résultat d’exploitation (+1% de CA et +25% de résultat!!). L’EBITA en croissance de 20% réplique une hausse de 17% en 2006. La baisse des coûts structurels pour un montant de 161 millions d’euros (128 millions en 2006) est en grande partie imputable aux efforts de restructuration consentis par le groupe mais il y a fort à croire que l’optimisation de l’informatique éditoriale ainsi que les économies liées à la substitution des activités online au papier (fabrication, impression, acheminement) contribuent déjà amplement (et d'autant plus dans les années à venir) à une plus juste gestion des opérations.

Certes le modèle économique des marchés B2B ne subit pas les mêmes contraintes que l'édition tous publics (clients captifs, faible élasticité-prix qui donne moins d’importance au phénomène de gratuité particulièrement prégnant sur la toile). Mais ces exemples montrent que le numérique permet à l'éditeur de se recentrer sur son cœur de métier en se basant sur les compétences distinctives de la maison d'édition et en proposant des offres en phases avec les différentes pratiques et besoins des lecteurs. Les éditeurs traditionnels doivent s'inspirer de ces modèles. Car si le numérique peut offrir des relais de croissance, il s'avère également être un levier puissant pour poursuivre la nécessaire rationalisation du processus de production.

25 février 2008

Nouveaux comportements, nouvelles offres

Larousse prépare un dictionnaire 2.0 donnant la possibilité aux contributeurs de signer leurs articles et aux internautes de les commenter. La plateforme se diviserait en trois modules: un dictionnaire multimédia (150 000 occurrences et 11 000 media), une zone de découverte et un espace élèves.
Autre alternative, Bayard propose via Cyberlibris une offre de consultation gratuite contre inscription en ligne. L'éditeur mène une expérimentation dans la lignée de l'offre d'Eon, filiale d' HarperCollins.

15 février 2008

Des outils pour changer l'édition

La seconde édition de Tools of Change for Publishing, une série de conférences organisée par l'éditeur O'Reilly, s'est déroulée à guichets fermés du 11 au 13 février dernier.
Son objectif est de présenter des idées, outils et bonnes pratiques à des éditeurs conscients des besoins qu'entraine l'adoption de nouveaux modèles économiques. Les conférences feront sûrement l'objet de présentations en ligne d'ici quelques semaines mais l'on peut dès à présent faire un tour sur le blog de George Walkley qui fournit un premier survol éclairant.
Au delà des grandes annonces effectuées par Random House et HarperCollins déjà reportées ici-même, on retiendra l'intérêt suscité par Smashwords, une plateforme d'auto-publication et d'auto-promotion permettant une mise en public sous différents formats électronique (en somme, la synthèse de feedbooks et de publie.net). Enfin, LibreDigital, fournisseur de solutions de gestion d' actifs numériques (DAM), a mis en avant eCompile un service de réallocation de contenus permettant de concevoir des ouvrages à partir des ressources d'anciens titres.

12 février 2008

La vente parcellisée chez Random House

Après l'expérimentation lancée par O'Reilly en juin dernier, Random House présente à Tools of Change un programme de vente parcellisée (vente au chapitre ou à l'article). Le premier titre est Made to Stick: Why Some Ideas Survive and Others Die. Le prix, USD 2.99€, me semble particulièrement élevé (surtout quand on constate que l'ouvrage est disponible à partir de 11,34 € sur amazon.fr). Selon le WSJ, le consommateur recevra un lien par courriel qui lui permettra de télécharger le chapitre sur PC, laptop et à terme sur d'autres terminaux mobiles.

11 février 2008

HarperCollins met des livres gratuitement en ligne

Selon The Bookseller, HarperCollins est sur le point d'offrir des livres électroniques gratuits sur son site. Ceci est rendu possible grâce au développement de son widget qui ne présentait jusqu'à présent que les bonnes feuilles. On trouvera notamment un roman de Paulo Coelho et un ouvrage de cuisine signé par Robert Irvine , le Robuchon US. Les titres ne seront pas téléchargeables ni même imprimables et ne resteront disponibles que pendant un mois. En revanche, un lien permettra l'achat direct sur Amazon.com.
Selon HarperCollins, il s'agit de donner le moyen au lecteur de feuilleter le livre en ligne de la même manière qu'en librairie.
L'éditeur propose donc un service en phase avec les nouveaux comportements des lecteurs internautes: la découverte ante-achat. Ce phénomène déjà très pregnant pour le cinéma (la bande annonce) ou pour le disque (l'écoute du single) s'est accentué avec les possibilités offertes par le numérique. Pour l'éditeur les avantages sont au moins triple:
  • Il peut ainsi générer du trafic sur son site
  • Il signale la qualité de ses ouvrages en toute transparence.
  • Il étudie grâce au lien vers Amazon l'impact d'une telle offre sur la décision d'achat en ligne (impulsion et taux de transformation).

Ci-après la présentation de Brian Murray:

16 janvier 2008

Nouvelle expérimentation HarperCollins

Pour les 10 ans de sa filliale EOS, HarperCollins offre tous les deux mois la version électronique d'une nouveauté majeure via son site de vente en ligne, PerfectBound. Le premier ouvrage mis à diposition s'intitule Shaman's crossing, et s'avère être le tome 1 de la trilogie de l'enfant soldat. Le téléchargement, réservé aux citoyens US est accessible jusqu'au 29 février prochain.

Neuf ans après l'expérience de distribution exclusivement en ligne menée par Stephen King (plus de 500 000 copies de Riding the Bullet avaient été téléchargées, gratuitement ou au prix de USD 2.50), HarperCollins relance le concept de diffusion gratuite.

Les effets escomptés en terme de marketing peuvent être multiples:

- L'éditeur communique sur un titre de manière détournée et peut espérer une couverture médiatique plus large que celle anticipée par un plan de communication traditionnel.
- Il accroît sa base de donnée clients puisque l'obtention de l'ouvrage est soumise à une inscription préalable.
- Il pourra relancer les acquéreurs du premier tome lors de la sortie des opus suivants.

Si la publication électronique n'est pas encore une source de profit, elle constitue déjà un réel support de communication.

31 décembre 2007

Zones, nouveau modèle économique et résistance éditoriale

En ce début d'année, je tenais à revenir sur l'arrivée en 2007 d'une intéressante expérience : les éditions Zones. Zones est un label des éditions La Découverte se définissant - cela ne nous étonnera guère- comme un espace de résistance. « Centré sur la contre-culture, l’activisme et les nouvelles formes de contestation, en lien avec les mouvements sociaux et en prise avec les nouvelles théories critiques, il accueille tous les genres et tous les formats. ».

Zones s'appuie sur une identité graphique forte (assurée par les graphistes de l’atelier devalence et qui vient d’être récompensée par le jury du Concours des plus beaux livres français 2007) et l’élaboration d’objets éditoriaux atypiques. On y trouve pèle mêle : Col Blanc, un roman graphique américain de 1940, Propaganda, un ouvrage considéré comme la théorie des relations publiques de 1928 mais également des œuvres d’auteurs contemporains et un recueil de lettres de non-motivation.

Jusque-là rien de réellement révolutionnaire. C’est sans compter le modèle économique du label qui conjugue une publication commerciale classique sur papier et la diffusion en libre accès sur Internet. On peut effectivement visionner l’intégralité des ouvrages sur le site ou via des widgets.


L'espérance de viabilité économique de cette expérience réside dans la nature même de l'objet livre qui découle du postulat suivant : le livre doit être un véritable objet graphique pour pouvoir être désiré. Cette hypothèse semble heuristiquement juste si l’on observe les volumes vendus. Je ne possède pas de chiffres certifiés mais le classement proposé par Amazon.fr faisait pointer Propaganda le 23 décembre (2 mois et demi après sa date de sortie) à la 97ème place.

Il s’agit selon l’éditeur d’ « une démarche qui, dans son travail sur la forme, le format et le mode de diffusion traduit matériellement le désir que d’autres choses (re)deviennent possibles ».

Espérons que cet essai puisse trouver une viabilité et donner de nouvelles idées à d’autres éditeurs.