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2 décembre 2008

Dailylit lance l'échantillonneur de livre

DailyLit, éditeur numérique innovant, lance un nouvel outil, Book Samplers, qui combine les extraits de différents titres. Les extraits sont envoyés aux lecteurs sur le logiciel personnalisé de Dailylit (sur ordinateur ou iPhone, Blackberry, ndr) via courriels ou rss, permettant aini aux lecteurs de recevoir de courts extraits des nouveautés chaque jour. Les extraits sont développés de manière à faciliter la découverte et la sélection des titres. Chaque titre présent dans l'échantillonneur contient un lien qui permet au lecteur d'accéder instantanément au livre sur Dailylit ou de l'ajouter à leur liste de livre à lire sur le site. Les échantillons sont gratuits et les ouvrages complets ont un prix allant jusqu'à $9,95. "Avoir un avant goût quotidien d'un livre livré directement par courriel est une excellente manière de découvrir de prochaines lectures" affirme Susan Danziger, CEO de Dailylit. "Et si vous aimez un livre, vous pouvez continuer de le lire immédiatemment. Voir l'échantillonneur
via BookPublishingNews

3 novembre 2008

Diriger un groupe d’édition

Dans le cadre des Lundis du CNL, Olivier Le Naire, grand reporter à l’Express, a animé une rencontre entre Arnaud Nourry et Alain Kouck qui s'est déroulée le 27 octobre dernier. Cliquez pour écouter l'entretien (si vous souhaitez enregistrer le contenu, cliquez droit puis sur Enregistrer la cible du lien).

9 mai 2008

Les auteurs gagnent en authonomy ?

HarperCollins vient de lancer authonomy.com en version bêta privé . Le concept, très proche de celui de publie.net (François a toujours un temps d'avance), est simple : les auteurs en herbe peuvent charger sur la plateforme les chapitres de leurs opus afin que le reste de la communauté puisse les lire, faire des commentaires et éventuellement favoriser l'émergence d'un titre via le bouche à oreille.
HarperCollins devient ainsi le premier éditeur a intégrer un site communautaire dédié aux auteurs et à leur critiques. L'architecture du site est agréable et ressemble quelque peu aux bibliothèques tels que Librarything ou Babelio, la partie conception éditoriale en plus.
Comme le remarque James Bridle de booktwo.org, le véritable défi sera de sensibiliser les auteurs non publiés et de les persuader de déposer leurs travaux en ligne.

La fin d'O'Reilly France

Coup de froid et mauvais signal pour l'édition numérique:
O'Reilly France ferme boutique.
Alors que Tim développe ses activités tout azimuts outre-atlantique, le marché francophone de l'édition informatique (et STM au sens large) n'assure pas un cash-flow suffisant pour le maintien de la structure française.
Toujours est-il que cela risque de porter un coup au développement numérique de l'édition STM qui était jusqu'à présent en première ligne.
via immatériel

5 avril 2008

HarperCollins fait glisser le modèle

En rupture avec les pratiques traditionelles, HarperCollins lance le 14 avril prochain une marque basée sur un nouveau modèle économique. La marque, dirigée par l'ancien président d'Hyperion, Robert Miller, publiera environ 25 titres par an au prix de 20 USD. Ils seront disponibles aux formats hardcover, livres électroniques et livres audio. Les ventes seront fermes (pas de retours) et les à-valoir (avances sur recettes des auteurs) seront réduits à portion congrue. En revanche, les droits d'auteurs seront largement supérieurs à la moyenne et les efforts commerciaux seront concentrés sur Internet. Ainsi la marque ne paiera pas pour voir ses titres placés en tête de gondole, pratique courante outre-atlantique.

Cette nouvelle entité cherche à améliorer le modèle économique du secteur en limitant le mécanisme du pilon qui participe à la surproduction et en favorisant la vente sur les canaux de distribution en croissance. M. Miller d'annoncer : L'idée est d'examiner tous les aspects que nous pensons être mauvais et d'essayer de les modifier. Il y a tant d'inneficience dans notre secteur, tant de gaspillage qu'il est temps d'au moins expérimenter des approches qui peuvent éliminer ce gaspillage.

Selon Jane Friedman, CEO d'HarperCollins, C'est le bon moment pour expérimenter un nouveau business model. Nous faisons face à un marché en pleine évolution. Dans ce moment de grande volatilité, où nous reconnaissons tous les aspects qui posent problèmes comme la hausse des à-valoir, les forts taux de retours et le fait que les gens lisent de plus en plus en ligne, nous voulons offrir une information dans tous les formats souhaités.

Si les grands auteurs ne seront pas intéressés par ce modèle, M.Miller pense pourvoir capter des auteurs majeurs qui ont écrit un livre non publié qui ne correspond pas à leur image ou des auteurs en attente de succès.
Les libraires qui, selon Miller, ne sont pas satisfaits par le système du retour, vont devoir faire face à un nouveau durcissement des conditions commerciales. Ceci au moment où les géants que sont B&N et Borders alertent les marchés de l'impact du ralentissement de l'économie US sur leur activité.

Via Wall Street Journal et New York Times

24 mars 2008

Changements numériques et acclimatation des oiseaux rares

Le Penguin Group continue de déployer son activité numérique. Bien que de fortes évolutions ont marqué le site US (refonte du site, zone dédiée aux professionnels, vente en ligne des titres aux formats électroniques...), j'aimerais centrer notre attention sur les évolutions de l'activité au Royaume Uni, plus proche du marché français.

Le site penguin.co.uk a connu une refonte. Il intègre à présent des applications 2.0 (blog, syndication rss...) et son ergonomie s'est fortement améliorée (navigation interne, pertinence des liens vers les autres sites du groupe...). Il propose une découverte de l'œuvre avant achat avec Tasters, un outil de mise à disposition des premiers chapitres de toutes les nouveautés aux formats électroniques (pour PC, livres électroniques, Palm, Blackberry et iPhone).

Penguin s'est par ailleurs ouvert aux plateformes communautaires et dispose de pages sur la plupart des réseaux sociaux (FaceBook, Twitter, MySpace). Ceci permet de multiplier les zones de contacts avec d'éventuels lecteurs potentiels.
Penguin a également lancé cette semaine une expérience littéraire,
We tell stories, basée sur une série de six nouvelles utilisant Google Maps, laissant suffisament d'indices pour faire apparaître une septième histoire, cachée sur la toile et faisant l'objet d'un concours (à découvrir chez Virginie).
Enfin, le premier titre des Penguin Enhanced e-Book Classics, une série de titres disponibles aux formats électroniques verra le jour en mai prochain. Les livres électroniques contiendront des bonus comme une filmographie et des illustrations. Le recours aux classiques peut en effet constituer un socle intéressant pour tester les possibilités du numérique. Mais un prix équivalent à la version papier et une offre restreinte (seulement 10 titres proposés en 2008) ne me semblent pas de nature à développer structurellement le marché.

Petite vidéo de Reuters qui reprend certains de ces éléments:


Note intéressante, Publishers Weekly rapporte que Genevieve Shore, global digital director du Penguin Group a annoncé que les ventes aux formats électroniques pour les deux premiers mois de 2008 s'effectuent sur tous supports, le premier étant le Sony Reader (et non le Kindle).

9 mars 2008

Mener des partenariats pour accroître les comptences

HarperCollins poursuit la mise en oeuvre de sa stratégie de développement numérique. The Bookseller rapporte que le groupe a fait l'acquisition de The Friday Project, maison spécialisée dans le web to print, la publication papier de talents trouvés sur Internet. Créée en 2005, la société serait financièrement mal en point. Par-delà l'acquisition des droits de quelques titres, il s'agit d'utiliser l'expertise de la structure pour donner une nouvelle ampleur aux actuelles opérations numériques .

5 mars 2008

Marchés B2B, business modèles

En écho au billet de J.-M. Salaün sur les résultats 2007 de Reed-Elsevier, je souhaitais faire un parallèle avec la copie de Wolters Kluwer (WK) et mettre en exergue la dynamique des groupes qui ont intégré depuis quelques années la dimension numérique dans leur stratégie de développement.

Editeur de plusieurs centaines d’ouvrages et périodiques à destination des professionnels, WK se définit aujourd’hui comme un leader des solutions d'information pour les professionnels. Tout comme Reed–Elsevier, le groupe opère depuis quelques années un glissement de son activité. En complément du support papier, WK propose une vaste gamme de progiciels de gestion (ERP) et autres solutions en ligne accessibles via des portails ou des webservices. En 2007, les revenus tirés de ces activités en ligne ont progressé de 9% et représentent dès lors la moitié du chiffre d'affaire du groupe. Une grande partie de l’activité étant effectuée outre-atlantique, la faiblesse de l’USD a impacté sur la croissance du chiffre d'affaire qui s'établit à 1%. Ceci est contrasté par une progression de 25% du résultat d’exploitation (+1% de CA et +25% de résultat!!). L’EBITA en croissance de 20% réplique une hausse de 17% en 2006. La baisse des coûts structurels pour un montant de 161 millions d’euros (128 millions en 2006) est en grande partie imputable aux efforts de restructuration consentis par le groupe mais il y a fort à croire que l’optimisation de l’informatique éditoriale ainsi que les économies liées à la substitution des activités online au papier (fabrication, impression, acheminement) contribuent déjà amplement (et d'autant plus dans les années à venir) à une plus juste gestion des opérations.

Certes le modèle économique des marchés B2B ne subit pas les mêmes contraintes que l'édition tous publics (clients captifs, faible élasticité-prix qui donne moins d’importance au phénomène de gratuité particulièrement prégnant sur la toile). Mais ces exemples montrent que le numérique permet à l'éditeur de se recentrer sur son cœur de métier en se basant sur les compétences distinctives de la maison d'édition et en proposant des offres en phases avec les différentes pratiques et besoins des lecteurs. Les éditeurs traditionnels doivent s'inspirer de ces modèles. Car si le numérique peut offrir des relais de croissance, il s'avère également être un levier puissant pour poursuivre la nécessaire rationalisation du processus de production.

3 mars 2008

Internet, gratuité et modèles économiques

Chris Anderson, l'auteur de la longue traîne, revient avec un article Free! Why $0.00 Is the Future of Business. L'auteur montre que les ressorts économiques du web sont basés sur des coûts marginaux qui tendent vers zéro. Il distingue ensuite six types de modèles économiques en phase avec cette tendance. Ci-après quelques passages :
The Web is all about scale, finding ways to attract the most users for centralized resources, spreading those costs over larger and larger audiences as the technology gets more and more capable. It's not about the cost of the equipment in the racks at the data center; it's about what that equipment can do. And every year, like some sort of magic clockwork, it does more and more for less and less, bringing the marginal costs of technology in the units that we individuals consume closer to zero.
Technology is giving companies greater flexibility in how broadly they can define their markets, allowing them more freedom to give away products or services to one set of customers while selling to another set.
Anything that touches digital networks quickly feels the effect of falling costs. There's nothing new about technology's deflationary force, but what is new is the speed at which industries of all sorts are becoming digital businesses and thus able to exploit those economics.

En prime, la présentation de Chris:

25 février 2008

Nouveaux comportements, nouvelles offres

Larousse prépare un dictionnaire 2.0 donnant la possibilité aux contributeurs de signer leurs articles et aux internautes de les commenter. La plateforme se diviserait en trois modules: un dictionnaire multimédia (150 000 occurrences et 11 000 media), une zone de découverte et un espace élèves.
Autre alternative, Bayard propose via Cyberlibris une offre de consultation gratuite contre inscription en ligne. L'éditeur mène une expérimentation dans la lignée de l'offre d'Eon, filiale d' HarperCollins.

12 février 2008

La vente parcellisée chez Random House

Après l'expérimentation lancée par O'Reilly en juin dernier, Random House présente à Tools of Change un programme de vente parcellisée (vente au chapitre ou à l'article). Le premier titre est Made to Stick: Why Some Ideas Survive and Others Die. Le prix, USD 2.99€, me semble particulièrement élevé (surtout quand on constate que l'ouvrage est disponible à partir de 11,34 € sur amazon.fr). Selon le WSJ, le consommateur recevra un lien par courriel qui lui permettra de télécharger le chapitre sur PC, laptop et à terme sur d'autres terminaux mobiles.

11 janvier 2008

Tendances 2008 de l'édition US

Mike Shatzkin, CEO de The idea Logical Company et consultant es changements numériques dans l'édition depuis 20 ans, présente dans Publishers Weekly les quinze tendances à observer en 2008. Si certaines prédictions peuvent paraître presque fantaisistes (notamment un niveau de vente de livres électroniques escompté à 2 % du CA du livre aux USA soit 200 millions d'USD en 2008 contre 54 millions d'USD en 2006), les changements structurels présentés devraient en toute vraisemblance se manifester sur le marché nord-américain. Ci-après un rapide survol:

1. 2008 sera l'année des auteurs. Les initiatives menées par HarperCollins et Random House seront suivies par d'autres éditeurs. Les auteurs vont sortir de leur dépendance vis à vis des éditeurs grâce à l'autopublication et l'autopromotion. De nouveaux services comme Knol, le wiki de Google faisant appel à des auteurs qualifiés risquent de modifier le statut de l'auteur et sa reconnaissance en ligne. Certains vont jusqu'à penser que le changement de paradigme pourrait arriver par les auteurs. A contrario, les agents vont commencer à se restructurer car les conditions du marché vont rendre difficile le maintien des petites agences.
2. Les maisons d'édition vont commencer à acquérir ou lier des alliances avec des sites web afin d'obtenir du contenu pour leurs ouvrages et pour atteindre leur coeur de cible.
3. Les ventes de livres personnalisés, rendues possibles par les développements combinés de l'autopublication et de l'impression à la demande, seront substantielles pour Noël 2008.
4. Le XML et la conception multi-supports ne seront plus considérés comme des options. Les ventes de livres personnalisés vont mettre en exergue les possibilités de réallocation du contenu des livres du catalogue.
5. Dans ce cadre, les éditeurs proposeront des versions Hardcover de leurs ouvrages paperback. On verra également poindre de manière parallèle des offres pour les supports électroniques.
6. Les éditeurs vont commencer à offrir des packages incluant livre papier & livre-audio voire même livre papier & livre-audio & livre électronique.
7. La popularité des livres électroniques va s'accroître. Les titres supportés par le Kindle d'Amazon (ie le format PRC de Mobipocket ) devant tracer la voie, les éditeurs doivent s'assurer que les ouvrages qu'ils mettront en ligne supportent bien ce format. Par ailleurs, voyant la croissance de l'utilisation du kindle d'Amazon et du Sony Reader, Apple va rendre le iPod capable de lire des livres électroniques.
8. Les ventes de livres électroniques pour les bibliothèques publiques devraient s'accroître comme c'est déjà le cas pour les bibliothèques universitaires.
9. La publicité en ligne devrait encore prendre des parts de marché au détriment des traditionnels vecteurs de communication.
10. Les grands salons comme Frankfurt ou Londres vont perdre de leur importance au profit d'une activité commerciale continue.

6 janvier 2008

Reconsidérer la chaîne du livre

La vision traditionnelle de la chaîne du livre présente un processus industriel allant de l’auteur au lecteur en suivant un cheminement par étapes successives durant lequel chaque acteur apporte une valeur ajoutée. Dans ce cadre, le livre connaît deux cycles de vie. Le premier cycle décrit la phase de production et de commercialisation de l’ouvrage. Il est dépeint par ladite chaîne et (globalement) maîtrisé par les acteurs du secteur. Le second, la phase post-achat, n’a été que peu analysé et ne semble réellement intéresser le milieu.

Vision traditionnelle de la chaîne du livre : une économie de l’offre

Face à cette approche statique centrée sur les acteurs se développe une vision dynamique focalisée sur les étapes (parfois concomitantes) de production, de mise en public et d’usage par le lecteur. Il s’agit ainsi de proposer une vision continue intégrant les évolutions numériques tout comme les deux cycles de vie du livre. On mesure alors l’impact de la seconde sur la première. En effet, dans ce cadre, chaque jalon de la vie du livre se pose en adéquation avec les autres et participe à l’édification d’une boucle. L’étape de conception regroupe les phases d’écriture et de conception éditoriale dans une optique multi supports. La présentation reprend l’ensemble des efforts marketing et de relations auprès des prescripteurs. La période de vente est envisagée en fonction des différents supports (électronique, impression à la demande, tirage tout numérique ou classique) et de leur temporalité respective. Elle préfigure les temps de consommation (la lecture) et de partage (critiques, échanges en ligne…) qui sont rendus possibles grâce aux TIC. Ces interactions sont ensuite relevées par les outils de gestion de la relation client et sont utilisées pour la création de nouvelles éditions ou même pour d’autres ouvrages connexes.

Une vision dynamique de la chaîne du livre

Cette vision semble décrire une réalité directement observable pour un certain nombre de genres comme l’éducation et la référence. Mais son caractère heuristique peut être remis a priori en question pour les ouvrages qui relèvent de genres tels que la littérature ou l’essai. Adopter cette attitude tend à reconsidérer la vision de l’auteur comme artiste maudit vivant dans une tour d’ivoire sans interaction avec le monde qui l’entoure. Valable au XIXème siècle, cette approche ne paraît plus en concordance avec une conception décentralisée de la création artistique. En effet, les évolutions technologiques et sociales tendent à faire glisser le paradigme de la création dans une posture qui peut être résumée par la déclamation de Bertrand de Chartres : « Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants ». Par ailleurs, on peut penser que ce phénomène prend place dans un cadre plus global au sein duquel la demande du lecteur prend une place plus conséquente* dans la détermination de l’offre éditoriale. Certains iront même jusqu’à penser que le secteur se trouve sur un point d’inflexion et qu’il devrait être marqué par un passage d’une économie de l’offre à une économie de la demande.

Ce changement d’attitude est poussé par les actions des nouveaux entrants dont la stratégie est résolument centrée sur une approche client. Les acteurs du secteur doivent donc adapter leur positionnement face à ces changements structurels qui dépassent largement les confins de l’édition. La chaîne du livre s’en trouve donc renouvelée. Cette tendance risque d’être renforcée par l’arrivée des supports dématérialisés qui offrent de nouveaux créneaux d’exploitation.


On note à ce titre que la demande est de plus en plus analysée dans certains genres littéraires à la mode tels que les littératures policière ou la science fiction. Les lignes éditoriales ont tendance à prendre en considérations les caractéristiques de la demande afin de proposer une offre qui soit en adéquation.

31 décembre 2007

Zones, nouveau modèle économique et résistance éditoriale

En ce début d'année, je tenais à revenir sur l'arrivée en 2007 d'une intéressante expérience : les éditions Zones. Zones est un label des éditions La Découverte se définissant - cela ne nous étonnera guère- comme un espace de résistance. « Centré sur la contre-culture, l’activisme et les nouvelles formes de contestation, en lien avec les mouvements sociaux et en prise avec les nouvelles théories critiques, il accueille tous les genres et tous les formats. ».

Zones s'appuie sur une identité graphique forte (assurée par les graphistes de l’atelier devalence et qui vient d’être récompensée par le jury du Concours des plus beaux livres français 2007) et l’élaboration d’objets éditoriaux atypiques. On y trouve pèle mêle : Col Blanc, un roman graphique américain de 1940, Propaganda, un ouvrage considéré comme la théorie des relations publiques de 1928 mais également des œuvres d’auteurs contemporains et un recueil de lettres de non-motivation.

Jusque-là rien de réellement révolutionnaire. C’est sans compter le modèle économique du label qui conjugue une publication commerciale classique sur papier et la diffusion en libre accès sur Internet. On peut effectivement visionner l’intégralité des ouvrages sur le site ou via des widgets.


L'espérance de viabilité économique de cette expérience réside dans la nature même de l'objet livre qui découle du postulat suivant : le livre doit être un véritable objet graphique pour pouvoir être désiré. Cette hypothèse semble heuristiquement juste si l’on observe les volumes vendus. Je ne possède pas de chiffres certifiés mais le classement proposé par Amazon.fr faisait pointer Propaganda le 23 décembre (2 mois et demi après sa date de sortie) à la 97ème place.

Il s’agit selon l’éditeur d’ « une démarche qui, dans son travail sur la forme, le format et le mode de diffusion traduit matériellement le désir que d’autres choses (re)deviennent possibles ».

Espérons que cet essai puisse trouver une viabilité et donner de nouvelles idées à d’autres éditeurs.