20081202

Tutoriel de génération de livres au format ePub

Après l'outil de vérification d'epub par Google, c'est au tour d'IBM d'offrir un tutoriel sur la création de livres électroniques au format ePub. La formatrice n'est autre que Liza Daly de ThreePress fortement sollicitée ces derniers temps, puisqu'elle a également tenu une conférence O'reilly sur la digitalisation de contenus dans l'édition au début du mois.

Dailylit lance l'échantillonneur de livre

DailyLit, éditeur numérique innovant, lance un nouvel outil, Book Samplers, qui combine les extraits de différents titres. Les extraits sont envoyés aux lecteurs sur le logiciel personnalisé de Dailylit (sur ordinateur ou iPhone, Blackberry, ndr) via courriels ou rss, permettant aini aux lecteurs de recevoir de courts extraits des nouveautés chaque jour. Les extraits sont développés de manière à faciliter la découverte et la sélection des titres. Chaque titre présent dans l'échantillonneur contient un lien qui permet au lecteur d'accéder instantanément au livre sur Dailylit ou de l'ajouter à leur liste de livre à lire sur le site. Les échantillons sont gratuits et les ouvrages complets ont un prix allant jusqu'à $9,95. "Avoir un avant goût quotidien d'un livre livré directement par courriel est une excellente manière de découvrir de prochaines lectures" affirme Susan Danziger, CEO de Dailylit. "Et si vous aimez un livre, vous pouvez continuer de le lire immédiatemment. Voir l'échantillonneur
via BookPublishingNews

20081118

Ce que les éditeurs doivent savoir sur la numérisation de contenus

La présentation tirée d'une conférence en ligne organisée par O'reilly à ce sujet.

What publishers need to know about digitization

20081115

Vérifier les fichiers epub avec un outil Google

Le format ePub développé par l'IDPF est en voie de devenir le standard pour l'édition électronique. Largement démocratisé par les liseuses de Sony (PRS 505 et 700) et les logiciels pour iPhone (avec le couple stanza/feedbooks en tête) il est utilisé par les éditeurs américains mais aussi en France, notamment via Hachette et Gallimard qui commercialisent des titres sous ce format.
Basé sur le xml, les fichiers ePub sont des structures containers qui intégrent différents fichiers (instance, structure, métadonnées...). Après avoir mené quelques expérimentations et transformé vos fichiers xml au format ePub, vous pouvez vérifier la qualité du résultat en utilisant un outil mis à disposition par Google : le EpubCheck que vous pouvez télécharger à l'adresse suivante : http://code.google.com/p/epubcheck/

20081106

Why Publishers Should Care About SEO : Compte-rendu vidéo

J'en avais assuré la promotion, voici le compte rendu vidéo d'une conférence O'reilly en ligne dédiée à l'optimisation pour moteur de recherche (SEO) pour le secteur de l'édition qui m'avait plutôt satisfait.

Je vous invite par ailleurs à visiter la page O'reilly sur Youtube : on trouve de nombreuses vidéos fort intéressantes. On notera notamment (cela devrait intéresser Bibliobsession, Bibliosurf et consorts) le compte-rendu de la formation
Trends and Technologies in Where 2.0

Via TOC

20081104

L'expérimentation CRM d'Hachette de la semaine

Après l'offre de billets de cinéma, de billets pour le salon du chocolats, voici l'expérimentation CRM d'Hachette de la semaine : le prix des lecteurs de poche sur le club d'hachette.com :
« Vous aimez la lecture, vous êtes un grand lecteur. Le Livre de Poche vous invite à devenir juré littéraire du Prix des Lecteurs 2009. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 18 octobre et jusqu'au 30 novembre 2008. Deux jurys distincts seront constitués :
· le jury du Prix des Lecteurs : Littérature de 120 personnes,
· le jury du Prix des Lecteurs : Polar de 120 personnes.
Chacun des jurés sélectionnés recevra tous les mois 3 livres (pour la Littérature), 2 livres (pour le Polar) et votera pour son livre préféré, ceci de février à août 2009. Inscrivez-vous sur : www.prixdeslecteurs-livredepoche.fr www.livredepoche.com.»

Alors, je ne sais pas vous ,mais moi je préfère les offres de Babelio (la prochaine opération de Masse Critique devrait être lancée autour du 15 - 20 novembre) plutôt que de recevoir gratuitement trois ouvrages Hachette par mois. Toujours est-il que la mise à disposition de bonus et autres exclusivités devrait booster les inscriptions au Club Hachette.com (et donc le nombre de prospects).

20081103

Diriger un groupe d’édition

Dans le cadre des Lundis du CNL, Olivier Le Naire, grand reporter à l’Express, a animé une rencontre entre Arnaud Nourry et Alain Kouck qui s'est déroulée le 27 octobre dernier. Cliquez pour écouter l'entretien (si vous souhaitez enregistrer le contenu, cliquez droit puis sur Enregistrer la cible du lien).

20081023

Une Pétition des SNE, SGDL, SLF et SDLC contre le raccourcissement des délais de paiement.

Ce billet pour relayer une annonce du SNE :
"La loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 prévoit que les délais de paiement entre clients et fournisseurs ne pourront dépasser, dès le 1er janvier 2009, 45 jours fin de mois ou 60 jours à partir de la date d’émission de la facture.

Cette mesure est tout simplement inadaptée à l’économie du livre qui repose sur des cycles d’exploitation lents car la création littéraire a besoin de temps pour trouver son public. Le livre ne doit pas être transformé en produit de consommation courante périmé au-delà de 45 jours !
Le SNE, en concertation avec la SGDL, le SLF et le SDLC, a lancé une pétition contre l'application de cette disposition au livre. Vous pouvez apporter votre contribution à cette initiative en signant la pétition (pour cela, il suffit d'aller sur : http://sne.fr/pages/informations/communiques/petition.html et de cliquer sur le lien "Cliquez ici pour apporter votre signature" en bas de page) et en relayant largement l'information autour de vous, afin que le livre demeure cette oeuvre de l'esprit à laquelle nous tenons tous."

20081018

Deux conférences O'Reilly la semaine prochaine

O'Reilly organise depuis le début de l'année des conférences en ligne en direct (webcasts) via la plateforme de Tools of change for publishing. Deux conférences se tiendront la semaine prochaine:

Why Publishers should Care about SEO : 22 octobre - 19h00-20h30 (réservation obligatoire)
La conférence animée par Jamie Low, fondateur de SearchEngineMarketing.com portera sur l'importance de l'optimisation pour moteur de recherche (SEO) pour le secteur de l'édition. A travers des exemples de requêtes, il proposera d'examiner les éléments et techniques de la SEO et notamment la manière dont les éditeurs peuvent obtenir un meilleur classement sur des requêtes spécifiques liées à leur contenu. Il présentera également des stratégies SEO en phases avec des objectifs commerciaux concrets.

Trends and Technologies in Where 2.0 : 24 octobre - 19h00-20h00 (réservation obligatoire )
Andrew Turner, expert en "web géospatial" présentera les évolutions de Where 2.0 et leurs probables impacts sur l'ensemble du paysage du Web 2.0 et la prochaine génération d'applications, en particuliers pour les bibliothèques et les libraires. Une attention sera portée sur les services offerts aux développeurs pour fournir aux utilisateurs des informations localisées et contextualisées.

20080707

Pratiques et enjeux de la récupération des métadonnées associées aux livres

Ce billet consiste en la transcription de mes notes relatives à l'atelier homonyme organisé lors du BookCamp qui s'est tenu à La Cantine le 14 juin dernier. A partir de l'expérience de la bibliothèque de Fresnes, l'atelier portait sur la constitution de notices d'ouvrage de manière la plus automatique possible.

Le think tank, très technique au demeurant, a abordé des points tels que le serveur de la Bnf, les différents web-service existants comme Electre, Titelive, Decitre. Le groupe est également revenu sur les informations disponible via Dilicom - le contenu et le fonctionnement du Fel - les enrichissement à apporter au Fel et sur les différents entrepôts OAI qui existent (CAIRN - Gallica 2 ...) et ceux qui vont se créer chez les E-distributeurs (numilog,TiteLive ...). Il s'agissait de savoir ce que contiennent ces entrepôts, comment les interroger et comment en interroger plusieurs à la fois afin de vendanger les informations et créer un entrepôt qui puisse être à la disposition des autres.

J'ai surtout relevé que :

  • les bibliothèques sont très demandeuses de données
  • aucun système n'est réellement satisfaisant
  • il est impératif d'utiliser les informations délivrées par la bnf
  • le maître en la matière reste Thierry Giappiconi.

Parmi les intervenants, du beau monde : Françoise Bourdon (BNF), Isabelle Aveline (Zazieweb), Hélène Clémente (SLF), Mélanie Petit (Mediathèque CCPE), Joachim Breton (Cnl),Thierry Giappiconi (bm de Fresnes), Silvère Mercier (bibliobsession), Bernard Strainchamps (bibliosurf), Pierre Frémaux (Babelio)...

Enfin on ne remerciera jamais assez s'Hubert.

20080521

Les arcanes du lancement d'un livre en 2008

Difficile d'être auteur américain de nos jours. Une vidéo sur leur adaptation aux problématiques du webmarketing 2.0. (Si vous ne trouvez pas cela hilarant, alors il vous reste quelques concepts à intégrer ;~p)



20080509

Les auteurs gagnent en authonomy ?

HarperCollins vient de lancer authonomy.com en version bêta privé . Le concept, très proche de celui de publie.net (François a toujours un temps d'avance), est simple : les auteurs en herbe peuvent charger sur la plateforme les chapitres de leurs opus afin que le reste de la communauté puisse les lire, faire des commentaires et éventuellement favoriser l'émergence d'un titre via le bouche à oreille.
HarperCollins devient ainsi le premier éditeur a intégrer un site communautaire dédié aux auteurs et à leur critiques. L'architecture du site est agréable et ressemble quelque peu aux bibliothèques tels que Librarything ou Babelio, la partie conception éditoriale en plus.
Comme le remarque James Bridle de booktwo.org, le véritable défi sera de sensibiliser les auteurs non publiés et de les persuader de déposer leurs travaux en ligne.

La fin d'O'Reilly France

Coup de froid et mauvais signal pour l'édition numérique:
O'Reilly France ferme boutique.
Alors que Tim développe ses activités tout azimuts outre-atlantique, le marché francophone de l'édition informatique (et STM au sens large) n'assure pas un cash-flow suffisant pour le maintien de la structure française.
Toujours est-il que cela risque de porter un coup au développement numérique de l'édition STM qui était jusqu'à présent en première ligne.
via immatériel

20080417

L'auteur le plus édité de la planète

Le NYTimes rapporte que Philip M. Parker, professeur de Marketing et Management science à l'Insead, publie à travers sa société, Icon Group Int., plus de 200 000 titres (85 000 présents sur amazon.com).
Notre homme n'est pas réellement auteur mais plutôt collecteur. En compilant des algorithmes issus du web sémantique avec l'impression à la demande, il a développé un outil permettant notamment d'écrire et d'éditer un livre de manière automatique en un temps record.

Preuve par l'exemple dans cette vidéo (où un ouvrage scientifique est généré en moins de 13 minutes !)



Pour les puristes, la page Method and apparatus for automated authoring and marketing décrit le concept de l'invention.

20080415

Lier son site à Google Book Search ?

Lors d'une conférence au dernier salon du livre, Evan Schnittman, vice-Président d'Oxford University Press USA avait démontré de manière très quantitative les bénéfices retirés de la participation au programme Google Book Search. La solution permettrait d'augmenter la présence (discoverability) des titres et particulièrement ceux du catalogue, le fonds représentant 80% du CA d'OUP. En outre, le taux de transformation des personnes passant par Book Search serait deux fois plus grand que la moyenne.

Le blog d'Hitwise annonce que Google a développé une application basée sur Book Search et étudie son impact sur la vente en ligne au Royaume-Uni. Il est désormais possible de faire des liens vers
Book Search (voir l'exemple fort peu esthétique) et d'utiliser l'application comme outil de feuilletage en ligne et de renvoi vers les sites marchands. Pour disséminer cette API, Google compte utiliser son réseau de bibliothèques universitaires et a monté des partenariats avec des acteurs tels que Library thing ou Scriblio.

Pour les puristes, je recommande également un billet de Tim O'reilly présentant, graphes à l'appui, les effets de
Google Book Search sur les ventes du catalogue (backlist) aux formats électroniques.

20080407

Amazon contre les éditeurs britanniques

The Times rapporte qu'une guerre des prix en ligne pour les livres a éclaté entre Amazon et certains des plus grands éditeurs de Grande-Bretagne. Penguin, Bloomsbury et d'autres offrent de plus larges réductions sur leurs sites afin d'encourager les clients à acheter directement au lieu d'utiliser le détaillant en ligne.

Certains craignent qu' Amazon considère le prix en ligne des éditeurs comme le prix recommandé au détail et aligne de facto ces accords commerciaux. Je m'explique: si une maison d'édition offre une réduction de 25 % en ligne sur un livre de £20 et si Amazon est détenteur d'un contrat précisant un prix de cession équivalent à 50% du prix de vente public, Amazon voudra acheter l'ouvrage au prix de cession de £7,50 au lieu de £10. Ceci pourrait à terme entraîner une hausse des prix au détail et pénaliser lecteurs et libraires.

La loi du prix unique préserve le marché français de telles situations économique non rationnelles. Mais pour combien de temps ?

20080405

HarperCollins fait glisser le modèle

En rupture avec les pratiques traditionelles, HarperCollins lance le 14 avril prochain une marque basée sur un nouveau modèle économique. La marque, dirigée par l'ancien président d'Hyperion, Robert Miller, publiera environ 25 titres par an au prix de 20 USD. Ils seront disponibles aux formats hardcover, livres électroniques et livres audio. Les ventes seront fermes (pas de retours) et les à-valoir (avances sur recettes des auteurs) seront réduits à portion congrue. En revanche, les droits d'auteurs seront largement supérieurs à la moyenne et les efforts commerciaux seront concentrés sur Internet. Ainsi la marque ne paiera pas pour voir ses titres placés en tête de gondole, pratique courante outre-atlantique.

Cette nouvelle entité cherche à améliorer le modèle économique du secteur en limitant le mécanisme du pilon qui participe à la surproduction et en favorisant la vente sur les canaux de distribution en croissance. M. Miller d'annoncer : L'idée est d'examiner tous les aspects que nous pensons être mauvais et d'essayer de les modifier. Il y a tant d'inneficience dans notre secteur, tant de gaspillage qu'il est temps d'au moins expérimenter des approches qui peuvent éliminer ce gaspillage.

Selon Jane Friedman, CEO d'HarperCollins, C'est le bon moment pour expérimenter un nouveau business model. Nous faisons face à un marché en pleine évolution. Dans ce moment de grande volatilité, où nous reconnaissons tous les aspects qui posent problèmes comme la hausse des à-valoir, les forts taux de retours et le fait que les gens lisent de plus en plus en ligne, nous voulons offrir une information dans tous les formats souhaités.

Si les grands auteurs ne seront pas intéressés par ce modèle, M.Miller pense pourvoir capter des auteurs majeurs qui ont écrit un livre non publié qui ne correspond pas à leur image ou des auteurs en attente de succès.
Les libraires qui, selon Miller, ne sont pas satisfaits par le système du retour, vont devoir faire face à un nouveau durcissement des conditions commerciales. Ceci au moment où les géants que sont B&N et Borders alertent les marchés de l'impact du ralentissement de l'économie US sur leur activité.

Via Wall Street Journal et New York Times

20080324

Changements numériques et acclimatation des oiseaux rares

Le Penguin Group continue de déployer son activité numérique. Bien que de fortes évolutions ont marqué le site US (refonte du site, zone dédiée aux professionnels, vente en ligne des titres aux formats électroniques...), j'aimerais centrer notre attention sur les évolutions de l'activité au Royaume Uni, plus proche du marché français.

Le site penguin.co.uk a connu une refonte. Il intègre à présent des applications 2.0 (blog, syndication rss...) et son ergonomie s'est fortement améliorée (navigation interne, pertinence des liens vers les autres sites du groupe...). Il propose une découverte de l'œuvre avant achat avec Tasters, un outil de mise à disposition des premiers chapitres de toutes les nouveautés aux formats électroniques (pour PC, livres électroniques, Palm, Blackberry et iPhone).

Penguin s'est par ailleurs ouvert aux plateformes communautaires et dispose de pages sur la plupart des réseaux sociaux (FaceBook, Twitter, MySpace). Ceci permet de multiplier les zones de contacts avec d'éventuels lecteurs potentiels.
Penguin a également lancé cette semaine une expérience littéraire,
We tell stories, basée sur une série de six nouvelles utilisant Google Maps, laissant suffisament d'indices pour faire apparaître une septième histoire, cachée sur la toile et faisant l'objet d'un concours (à découvrir chez Virginie).
Enfin, le premier titre des Penguin Enhanced e-Book Classics, une série de titres disponibles aux formats électroniques verra le jour en mai prochain. Les livres électroniques contiendront des bonus comme une filmographie et des illustrations. Le recours aux classiques peut en effet constituer un socle intéressant pour tester les possibilités du numérique. Mais un prix équivalent à la version papier et une offre restreinte (seulement 10 titres proposés en 2008) ne me semblent pas de nature à développer structurellement le marché.

Petite vidéo de Reuters qui reprend certains de ces éléments:


Note intéressante, Publishers Weekly rapporte que Genevieve Shore, global digital director du Penguin Group a annoncé que les ventes aux formats électroniques pour les deux premiers mois de 2008 s'effectuent sur tous supports, le premier étant le Sony Reader (et non le Kindle).

20080317

Le grand lecteur, acteur fort présent en ligne

Selon la dernière enquête menée par TNS-Soffres sur les Français et la lecture, les grands lecteurs seraient tendanciellement plus présents sur la toile. On relève notamment:

13 % des Français qui surfent sur le web tous les jours ou presque sont de grands lecteurs (contre 9 % en moyenne) alors que seulement 20 % d’entre eux sont non lecteurs (contre 31 % en moyenne). A l’inverse, parmi ceux qui n’utilisent pas l’outil Internet, 43 % sont non lecteurs.

Ceci milite à court terme pour un renforcement des dispositifs webmarketing et à moyen terme pour un élargissement des publications en ligne.

20080311

Quelle protection pour les publications électroniques ?

Gare de Lyon, vendredi soir. Je prends le train sans un livre. Passage obligé dans une librairie entre Hédiard et les guichets sncf. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Le dernier McCarthy ? Pas l'envie du moment. Rayon essais ? Rien d'intéressant. Mon regard s'arrête sur les audiolib (la collection de livres audio lancée par Hachette, France Loisirs et Albin Michel). Pourquoi ne pas tenter l'expérience ? Je prends le Grangé (24.49 €!), file sur le quai, trouve la rame, le siège, allume mon laptop, charge l'audiolib et le transfert sur mon Pod. La charmante jeune femme assise à mes côtés est surprise, me pose quelques questions. Après 5 minutes, je lui donne le CD pour qu'elle fasse une copie et nous frissonnons conjointement, isolés dans nos écouteurs respectifs.

Je le reconnais volontiers, ce qui précède est une fiction (il y avait un indice). Il me semble néanmoins intéressant de souligner au moins deux choses:
  • Cette nouvelle offre audio est un signal fort sur un marché français encore à la traîne.
  • Le format numérique des audiolib est le mp3, un format standard sans protection.
Le second point est en phase avec la tendance lancée par Random House, et suivie par d'autres éditeurs comme Penguin. Il est vrai que les majors du disque ont abandonné la gestion numérique des droits (DRM) alors que le piratage est présumé responsable d'environ 20 % de la chute des revenus de l'édition phonographique nord américaine selon l'IPI (un taux surévalué pour certains). La question est tranchée... en matière de livre audio.

En matière de publication électronique (e-books), rien n'est moins sûr. Les dispositifs existent outre-atlantique et ne demandent qu'à être mis en œuvre. Pour autant la corporation n'a pas encore de position affirmée. Les investissements pour appliquer les DRM sont coûteux (architecture du SI, mise en place du Digital warehouse avec outils ad hoc…) et impliquent des relations étroites avec en amont les éditeurs et en aval les sites marchands. Il semblerait que seuls les diffuseurs historiques soient en mesure de développer de telles structures. Les éditeurs vont-ils une nouvelle fois s'en remettre aux diffuseurs/distributeurs?

La véritable question n'est pas là. Il s'agit plutôt de savoir si le secteur a besoin de DRM ou non. La gestion numérique des droits a fait fuir les acheteurs de disques. Les lecteurs auraient-ils la même attitude? Faut-il pour autant se passer de protection sous couvert d'interopérabilité des formats et de liberté à disposer de son bien ?
Pardonnez la mauvaise analogie mais, si l'on ferme à clé une voiture, ce n'est pas pour détourner le voleur professionnel de son méfait (cela n'aurait que peu d'effet) mais pour empêcher les gosses de se tuer en faisant des idioties.
L'alternative réside dans le tatouage numérique (ou watermarking).Avec le watermarking, les fichiers ne sont pas verrouillés mais incluent dans leur en-tête diverses informations dont les nom et prénom de l’acheteur. Cette solution a été adoptée par Apple et son iTunes store en juin dernier. Si pendant les premiers jours les consommateurs ont crié au scandale et au bafouement de leurs droits et de leur vie privée, il semble que le soufflé soit retombé et que la majorité ait rejoint le consensus actuel qui convient qu’il n’y a pas de réel dommage à avoir son nom sur des fichiers achetés, comme on mettrait son nom sur un CD ou un autre support physique.
Ainsi, à
défaut d'obtenir la quasi parfaite traçabilité qu'offre la gestion numérique des droits, il serait possible d'envisager un tatouage qui responsabiliserait le lecteur et s'en remettre à la sagesse des foules (que traite affordance). Des signaux forts militent en ce sens: le piratage a tendance à régresser, tandis que la consommation d'offres légales prend une nouvelle inflexion avec l'arrivée de la vidéo à la demande.
Espérons que la mission de réflexion sur le livre numérique confiée à Bruno Patino achoppe en mai prochain sur des mesures qui puissent à terme satisfaire le lecteur, les éditeurs et les libraires afin de structurer l'inévitable émergence des formats numériques.

20080309

Mener des partenariats pour accroître les comptences

HarperCollins poursuit la mise en oeuvre de sa stratégie de développement numérique. The Bookseller rapporte que le groupe a fait l'acquisition de The Friday Project, maison spécialisée dans le web to print, la publication papier de talents trouvés sur Internet. Créée en 2005, la société serait financièrement mal en point. Par-delà l'acquisition des droits de quelques titres, il s'agit d'utiliser l'expertise de la structure pour donner une nouvelle ampleur aux actuelles opérations numériques .

20080306

Analyser les pratiques numériques

L'agence Wiggin a publié la version 2008 du rapport sur les divertissements numériques au Royaume-Uni. Puissante analyse des comportements induits par les pratiques numériques, l'étude porte son attention sur les livres audio et les livres électroniques.

Qu'apprend-on des habitudes outre-manche ? Un attachement très fort au livre papier (76 % de l'échantillon), un intérêt pour les livres électroniques (45 %), mais une relative méconnaissance des supports électroniques (68%) et audio (69 %).

A la question How appealing do you find the concept of the "e-book"? la réponse est négative à 61 % en matière de livres électroniques et à 63 % en matière de livres audio. Une très large majorité des personnes interrogées ne pense pas se tourner vers une offre électronique dans les six prochains mois.
Les fabricants de supports doivent donc améliorer techniquement les terminaux de lecture, les éditeurs fournir plus de titres dématérialisés et les marketeurs susciter l'envie.

20080305

Marchés B2B, business modèles

En écho au billet de J.-M. Salaün sur les résultats 2007 de Reed-Elsevier, je souhaitais faire un parallèle avec la copie de Wolters Kluwer (WK) et mettre en exergue la dynamique des groupes qui ont intégré depuis quelques années la dimension numérique dans leur stratégie de développement.

Editeur de plusieurs centaines d’ouvrages et périodiques à destination des professionnels, WK se définit aujourd’hui comme un leader des solutions d'information pour les professionnels. Tout comme Reed–Elsevier, le groupe opère depuis quelques années un glissement de son activité. En complément du support papier, WK propose une vaste gamme de progiciels de gestion (ERP) et autres solutions en ligne accessibles via des portails ou des webservices. En 2007, les revenus tirés de ces activités en ligne ont progressé de 9% et représentent dès lors la moitié du chiffre d'affaire du groupe. Une grande partie de l’activité étant effectuée outre-atlantique, la faiblesse de l’USD a impacté sur la croissance du chiffre d'affaire qui s'établit à 1%. Ceci est contrasté par une progression de 25% du résultat d’exploitation (+1% de CA et +25% de résultat!!). L’EBITA en croissance de 20% réplique une hausse de 17% en 2006. La baisse des coûts structurels pour un montant de 161 millions d’euros (128 millions en 2006) est en grande partie imputable aux efforts de restructuration consentis par le groupe mais il y a fort à croire que l’optimisation de l’informatique éditoriale ainsi que les économies liées à la substitution des activités online au papier (fabrication, impression, acheminement) contribuent déjà amplement (et d'autant plus dans les années à venir) à une plus juste gestion des opérations.

Certes le modèle économique des marchés B2B ne subit pas les mêmes contraintes que l'édition tous publics (clients captifs, faible élasticité-prix qui donne moins d’importance au phénomène de gratuité particulièrement prégnant sur la toile). Mais ces exemples montrent que le numérique permet à l'éditeur de se recentrer sur son cœur de métier en se basant sur les compétences distinctives de la maison d'édition et en proposant des offres en phases avec les différentes pratiques et besoins des lecteurs. Les éditeurs traditionnels doivent s'inspirer de ces modèles. Car si le numérique peut offrir des relais de croissance, il s'avère également être un levier puissant pour poursuivre la nécessaire rationalisation du processus de production.

20080303

Internet, gratuité et modèles économiques

Chris Anderson, l'auteur de la longue traîne, revient avec un article Free! Why $0.00 Is the Future of Business. L'auteur montre que les ressorts économiques du web sont basés sur des coûts marginaux qui tendent vers zéro. Il distingue ensuite six types de modèles économiques en phase avec cette tendance. Ci-après quelques passages :
The Web is all about scale, finding ways to attract the most users for centralized resources, spreading those costs over larger and larger audiences as the technology gets more and more capable. It's not about the cost of the equipment in the racks at the data center; it's about what that equipment can do. And every year, like some sort of magic clockwork, it does more and more for less and less, bringing the marginal costs of technology in the units that we individuals consume closer to zero.
Technology is giving companies greater flexibility in how broadly they can define their markets, allowing them more freedom to give away products or services to one set of customers while selling to another set.
Anything that touches digital networks quickly feels the effect of falling costs. There's nothing new about technology's deflationary force, but what is new is the speed at which industries of all sorts are becoming digital businesses and thus able to exploit those economics.

En prime, la présentation de Chris:

20080225

Nouveaux comportements, nouvelles offres

Larousse prépare un dictionnaire 2.0 donnant la possibilité aux contributeurs de signer leurs articles et aux internautes de les commenter. La plateforme se diviserait en trois modules: un dictionnaire multimédia (150 000 occurrences et 11 000 media), une zone de découverte et un espace élèves.
Autre alternative, Bayard propose via Cyberlibris une offre de consultation gratuite contre inscription en ligne. L'éditeur mène une expérimentation dans la lignée de l'offre d'Eon, filiale d' HarperCollins.

20080222

Un pas de plus vers le viral

Le principe est simple: développez un site web en full flash, demandez de l'aide à BRM et le site est "widgetisé". Les Daft Punk avaient été les premiers à populariser l'outil, Albin Michel l'applique désormais à un site compagnon. Vous pouvez faire un essai et voir si cela vous donne envie d'acheter l'ouvrage.

20080215

Des outils pour changer l'édition

La seconde édition de Tools of Change for Publishing, une série de conférences organisée par l'éditeur O'Reilly, s'est déroulée à guichets fermés du 11 au 13 février dernier.
Son objectif est de présenter des idées, outils et bonnes pratiques à des éditeurs conscients des besoins qu'entraine l'adoption de nouveaux modèles économiques. Les conférences feront sûrement l'objet de présentations en ligne d'ici quelques semaines mais l'on peut dès à présent faire un tour sur le blog de George Walkley qui fournit un premier survol éclairant.
Au delà des grandes annonces effectuées par Random House et HarperCollins déjà reportées ici-même, on retiendra l'intérêt suscité par Smashwords, une plateforme d'auto-publication et d'auto-promotion permettant une mise en public sous différents formats électronique (en somme, la synthèse de feedbooks et de publie.net). Enfin, LibreDigital, fournisseur de solutions de gestion d' actifs numériques (DAM), a mis en avant eCompile un service de réallocation de contenus permettant de concevoir des ouvrages à partir des ressources d'anciens titres.

20080214

Créer des utilisateurs passionnés

Dans le cadre de Tools of change, Tim O'reilly s'est entretenu avec Kathy Sierra, co-créatrice d'une série d'ouvrages de STM fort reconnue outre-atlantique, Head First. Pendant plus de 30 minutes, Kathy présente sa méthode de travail et l'esprit qui habite son production process. A noter que Head first Java est resté dans le Top 10 des ventes d'Amazon.com entre 2003 et 2005.
Très intéressant !


Et profitez-en pour explorer son blog: creating passionate users.

20080212

La vente parcellisée chez Random House

Après l'expérimentation lancée par O'Reilly en juin dernier, Random House présente à Tools of Change un programme de vente parcellisée (vente au chapitre ou à l'article). Le premier titre est Made to Stick: Why Some Ideas Survive and Others Die. Le prix, USD 2.99€, me semble particulièrement élevé (surtout quand on constate que l'ouvrage est disponible à partir de 11,34 € sur amazon.fr). Selon le WSJ, le consommateur recevra un lien par courriel qui lui permettra de télécharger le chapitre sur PC, laptop et à terme sur d'autres terminaux mobiles.

20080211

HarperCollins met des livres gratuitement en ligne

Selon The Bookseller, HarperCollins est sur le point d'offrir des livres électroniques gratuits sur son site. Ceci est rendu possible grâce au développement de son widget qui ne présentait jusqu'à présent que les bonnes feuilles. On trouvera notamment un roman de Paulo Coelho et un ouvrage de cuisine signé par Robert Irvine , le Robuchon US. Les titres ne seront pas téléchargeables ni même imprimables et ne resteront disponibles que pendant un mois. En revanche, un lien permettra l'achat direct sur Amazon.com.
Selon HarperCollins, il s'agit de donner le moyen au lecteur de feuilleter le livre en ligne de la même manière qu'en librairie.
L'éditeur propose donc un service en phase avec les nouveaux comportements des lecteurs internautes: la découverte ante-achat. Ce phénomène déjà très pregnant pour le cinéma (la bande annonce) ou pour le disque (l'écoute du single) s'est accentué avec les possibilités offertes par le numérique. Pour l'éditeur les avantages sont au moins triple:
  • Il peut ainsi générer du trafic sur son site
  • Il signale la qualité de ses ouvrages en toute transparence.
  • Il étudie grâce au lien vers Amazon l'impact d'une telle offre sur la décision d'achat en ligne (impulsion et taux de transformation).

Ci-après la présentation de Brian Murray:

20080205

Et la masse devint critique

Le réseau social dédié au livre et à la lecture Babelio lance aujourd'hui la deuxième session de Masse Critique, son programme d'échange livres contre commentaires en ligne.
Alors que la première opération ne comprenait que 10 titres, plus de 70 ouvrages sont aujourd'hui disponibles. Parmi les éditeurs présents, on dénombre des ténors comme Robert Laffont, Plon, XO, Calmann-Levy, Belfond, Pocket, Fayard, Presses de la Cité, Stock, Julliard, Le Seuil, 10/18, Lattès, Oh!, Grasset, Kurokawa, Presses de la Renaissance, Fleuve Noir mais également des petits acteurs comme Arte éditions, Le Pré aux clercs, L'Altiplano, Rando ...
Si vous animez un blog et êtes inscrit à Babelio, il y a forcément un livre que vous avez envie de lire et de commenter.

20080204

la vidéo en flamm' (le web)

Le recours à des vidéos amateurs cheaps montées sur un ton humoristique pour promouvoir une firme ou un produit aura été l’une des innovations marketing de 2007. Quelques éditeurs ont mené des expérimentations, notamment oh! pour qui Baffie raillait l’ouvrage de Bigard. Flammarion poursuit aujourd'hui cette voie en présentant une série de 5 clips.

Quel impact peut avoir un telle vidéo sur le comportement du spectateur-lecteur ? Personnellement, je ne reste pas insensible mais n'étant pas fan du genre, je ne sais que penser. J'aurais sans doute été plus touché par un morphing transformant les traits d'une jolie fille en quelque batracien (et inversement) pour illuster la sortie du pack Eloge de la beauté/laideur.

The guardian rapporte une étude notant que « 80 % des publicités virales ne sont pas suffisamment intéressantes pour que les internautes aient l’idée de les faire circuler sur Internet ». Dans ce cadre, l'idée de série peut paraître intéressante au sens où elle permet de toucher plusieurs cibles et apporte un complément de matière aux cibles intéressées. Postées il y a 5 jours, les vidéos ont été vues plus de 4 000 fois. Et commencent ainsi à participer au mix.

20080116

Nouvelle expérimentation HarperCollins

Pour les 10 ans de sa filliale EOS, HarperCollins offre tous les deux mois la version électronique d'une nouveauté majeure via son site de vente en ligne, PerfectBound. Le premier ouvrage mis à diposition s'intitule Shaman's crossing, et s'avère être le tome 1 de la trilogie de l'enfant soldat. Le téléchargement, réservé aux citoyens US est accessible jusqu'au 29 février prochain.

Neuf ans après l'expérience de distribution exclusivement en ligne menée par Stephen King (plus de 500 000 copies de Riding the Bullet avaient été téléchargées, gratuitement ou au prix de USD 2.50), HarperCollins relance le concept de diffusion gratuite.

Les effets escomptés en terme de marketing peuvent être multiples:

- L'éditeur communique sur un titre de manière détournée et peut espérer une couverture médiatique plus large que celle anticipée par un plan de communication traditionnel.
- Il accroît sa base de donnée clients puisque l'obtention de l'ouvrage est soumise à une inscription préalable.
- Il pourra relancer les acquéreurs du premier tome lors de la sortie des opus suivants.

Si la publication électronique n'est pas encore une source de profit, elle constitue déjà un réel support de communication.

20080111

Tendances 2008 de l'édition US

Mike Shatzkin, CEO de The idea Logical Company et consultant es changements numériques dans l'édition depuis 20 ans, présente dans Publishers Weekly les quinze tendances à observer en 2008. Si certaines prédictions peuvent paraître presque fantaisistes (notamment un niveau de vente de livres électroniques escompté à 2 % du CA du livre aux USA soit 200 millions d'USD en 2008 contre 54 millions d'USD en 2006), les changements structurels présentés devraient en toute vraisemblance se manifester sur le marché nord-américain. Ci-après un rapide survol:

1. 2008 sera l'année des auteurs. Les initiatives menées par HarperCollins et Random House seront suivies par d'autres éditeurs. Les auteurs vont sortir de leur dépendance vis à vis des éditeurs grâce à l'autopublication et l'autopromotion. De nouveaux services comme Knol, le wiki de Google faisant appel à des auteurs qualifiés risquent de modifier le statut de l'auteur et sa reconnaissance en ligne. Certains vont jusqu'à penser que le changement de paradigme pourrait arriver par les auteurs. A contrario, les agents vont commencer à se restructurer car les conditions du marché vont rendre difficile le maintien des petites agences.
2. Les maisons d'édition vont commencer à acquérir ou lier des alliances avec des sites web afin d'obtenir du contenu pour leurs ouvrages et pour atteindre leur coeur de cible.
3. Les ventes de livres personnalisés, rendues possibles par les développements combinés de l'autopublication et de l'impression à la demande, seront substantielles pour Noël 2008.
4. Le XML et la conception multi-supports ne seront plus considérés comme des options. Les ventes de livres personnalisés vont mettre en exergue les possibilités de réallocation du contenu des livres du catalogue.
5. Dans ce cadre, les éditeurs proposeront des versions Hardcover de leurs ouvrages paperback. On verra également poindre de manière parallèle des offres pour les supports électroniques.
6. Les éditeurs vont commencer à offrir des packages incluant livre papier & livre-audio voire même livre papier & livre-audio & livre électronique.
7. La popularité des livres électroniques va s'accroître. Les titres supportés par le Kindle d'Amazon (ie le format PRC de Mobipocket ) devant tracer la voie, les éditeurs doivent s'assurer que les ouvrages qu'ils mettront en ligne supportent bien ce format. Par ailleurs, voyant la croissance de l'utilisation du kindle d'Amazon et du Sony Reader, Apple va rendre le iPod capable de lire des livres électroniques.
8. Les ventes de livres électroniques pour les bibliothèques publiques devraient s'accroître comme c'est déjà le cas pour les bibliothèques universitaires.
9. La publicité en ligne devrait encore prendre des parts de marché au détriment des traditionnels vecteurs de communication.
10. Les grands salons comme Frankfurt ou Londres vont perdre de leur importance au profit d'une activité commerciale continue.

20080110

Changer structurellement d'attitude

A en croire les projections pour le mois de Novembre parues dans Livres Hebdo, le marché 2007 devrait atteindre une croissance en valeur supérieure à 2%. Gallimard se taille la part du lion et il y a fort à croire que le groupe va obtenir, comme en 2005, des taux à 2 chiffres. On relèvera également les efforts mis en œuvre par une maison, souvent considérée (à tort) comme archaïque, pour se tourner vers le numérique (refonte du site, expériences avec Numilog...). Mais il y fort à croire que Gallimard soit l'arbre qui cache la forêt. En effet, la production a encore augmentée en octobre (+ 10,5% sur un an; + 45 % sur 5 ans!!) et un grand nombre de maisons poursuit une fuite en avant en appliquant la règle de l'augmentation de l'offre pour répondre à une baisse de la demande.

Certaines maisons doivent être dans une position délicate. Et les rayons des libraires sont toujours pleins.

Les acteurs de l'édition vont-ils se contenter longtemps d'une telle situation, s'en remettant aux variations conjoncturelles du marché ?
N'est-il pas temps d'opérer un glissement structurel permettant la conception de nouvelles formes de restitution de l'écrit ?

L'environnement autour de la corporation évolue sans cesse, faisant apparaître de nouvelles opportunités mais également de nouveaux acteurs dont l'acuité et la faculté d'adaptation sont nettement plus développées que celles des acteurs traditionnels. Ce phénomène est renforcé par une attitude frileuse mise en exergue dans le document de Vista (mais également le rapport Interactive content and convergence remis à la commission européenne en octobre 2006). Ce comportement frileux et dédaigneux nous rappelle la position des acteurs du disque à la fin des années 90. Or, on peut penser qu'aujourd'hui les majors du disque abandonnent les DRM car elles n'ont pas suffisamment agi en amont. Le livre ne doit répéter cette erreur et les acteurs doivent se prémunir dès à présent contre les menaces induites par les futures exploitations en ligne. Ils pouraient suivre l'exemple actuel de l'audiovisuel. Car à défaut d'être l'année du livre en ligne, 2008 pourrait être l'année de la TV en ligne. Après la démocratisation du haut-débit, condition sinequanone, les partenariats entre big players comme ceux de Google et Mastushita ou de Comcast et Amazon pour créer FanCast préfigurent de sérieux changements. Et les agents de l'audiovisuel de s'essayer aux DRM comme le montre la conférence New Definition of TV au CES ou les accords entre iTunes et Fox. On peut à ce propos regretter la position de l’UE qui pousse les acteurs du livre à la digitalisation des contenus mais n’inclut pas le secteur dans le programme visant un marché intérieur des contenus en ligne dont l'un des objectif réside dans une meilleure intégration des DRM.

La gestion numérique des droits ne représente qu'une des nombreuses et concommitantes questions à aborder dans le cadre de l'élaboration d'une stratégie de développement numérique. Cette question figure parmi les thèmes abordés par l'International Digital Publishing Forum. Il ne s'agit pas ici d'encenser les DRM auprès d'acteurs particulièrement enclin à protéger leurs actifs mais de plébisciter une action concertée.

Car les éditeurs doivent préparer de nouvelles formes pour demain. La réallocation de contenu rendue possible par l'edition multisupports ainsi que les supports électroniques, qu'ils soient dédiés à lecture (livre électronique) ou non (iPhone, iPodtouch et autres Blackberry, PDA) offriront à terme de nouvelles opportunités. Les acteurs du secteur doivent par ailleurs utiliser dès aujourd'hui les ressorts du net et l'essor de ces terminaux de lecture pour développer leurs activités marketing (comme notamment le feuilletage d'ouvrages sur Iphone mené par Pocket), accroître le trafic sur leur supports de communication pour in fine améliorer leur ventes (qu'elles soient en ligne ou non).

20080106

Reconsidérer la chaîne du livre

La vision traditionnelle de la chaîne du livre présente un processus industriel allant de l’auteur au lecteur en suivant un cheminement par étapes successives durant lequel chaque acteur apporte une valeur ajoutée. Dans ce cadre, le livre connaît deux cycles de vie. Le premier cycle décrit la phase de production et de commercialisation de l’ouvrage. Il est dépeint par ladite chaîne et (globalement) maîtrisé par les acteurs du secteur. Le second, la phase post-achat, n’a été que peu analysé et ne semble réellement intéresser le milieu.

Vision traditionnelle de la chaîne du livre : une économie de l’offre

Face à cette approche statique centrée sur les acteurs se développe une vision dynamique focalisée sur les étapes (parfois concomitantes) de production, de mise en public et d’usage par le lecteur. Il s’agit ainsi de proposer une vision continue intégrant les évolutions numériques tout comme les deux cycles de vie du livre. On mesure alors l’impact de la seconde sur la première. En effet, dans ce cadre, chaque jalon de la vie du livre se pose en adéquation avec les autres et participe à l’édification d’une boucle. L’étape de conception regroupe les phases d’écriture et de conception éditoriale dans une optique multi supports. La présentation reprend l’ensemble des efforts marketing et de relations auprès des prescripteurs. La période de vente est envisagée en fonction des différents supports (électronique, impression à la demande, tirage tout numérique ou classique) et de leur temporalité respective. Elle préfigure les temps de consommation (la lecture) et de partage (critiques, échanges en ligne…) qui sont rendus possibles grâce aux TIC. Ces interactions sont ensuite relevées par les outils de gestion de la relation client et sont utilisées pour la création de nouvelles éditions ou même pour d’autres ouvrages connexes.

Une vision dynamique de la chaîne du livre

Cette vision semble décrire une réalité directement observable pour un certain nombre de genres comme l’éducation et la référence. Mais son caractère heuristique peut être remis a priori en question pour les ouvrages qui relèvent de genres tels que la littérature ou l’essai. Adopter cette attitude tend à reconsidérer la vision de l’auteur comme artiste maudit vivant dans une tour d’ivoire sans interaction avec le monde qui l’entoure. Valable au XIXème siècle, cette approche ne paraît plus en concordance avec une conception décentralisée de la création artistique. En effet, les évolutions technologiques et sociales tendent à faire glisser le paradigme de la création dans une posture qui peut être résumée par la déclamation de Bertrand de Chartres : « Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants ». Par ailleurs, on peut penser que ce phénomène prend place dans un cadre plus global au sein duquel la demande du lecteur prend une place plus conséquente* dans la détermination de l’offre éditoriale. Certains iront même jusqu’à penser que le secteur se trouve sur un point d’inflexion et qu’il devrait être marqué par un passage d’une économie de l’offre à une économie de la demande.

Ce changement d’attitude est poussé par les actions des nouveaux entrants dont la stratégie est résolument centrée sur une approche client. Les acteurs du secteur doivent donc adapter leur positionnement face à ces changements structurels qui dépassent largement les confins de l’édition. La chaîne du livre s’en trouve donc renouvelée. Cette tendance risque d’être renforcée par l’arrivée des supports dématérialisés qui offrent de nouveaux créneaux d’exploitation.


On note à ce titre que la demande est de plus en plus analysée dans certains genres littéraires à la mode tels que les littératures policière ou la science fiction. Les lignes éditoriales ont tendance à prendre en considérations les caractéristiques de la demande afin de proposer une offre qui soit en adéquation.

20080105

Par-delà quoi?

La nécessité de Par-delà provient d'un double constat: alors que le modèle économique du secteur de l’édition, vieux de plus d’un siècle atteint son paroxysme, l’utilisation d’Internet se démocratise et définit de nouveaux usages qui se propagent très naturellement parmi la population sans être pour autant assimilés par nombre d’acteurs traditionnels du secteur.

Il s’agit donc dans un premier temps de se placer par-delà les mécanismes qui président la traditionnelle chaîne du livre pour présenter les usages, les comportements et les outils en phase avec notre temps. Par-delà vise donc un triple objectif : améliorer l’acuité de chacun sur un environnement en pleine évolution ; évaluer l’impact sur le secteur et comprendre le cheminement vers un nouvel équilibre ; mesurer les changements qui doivent être mise en place à différents niveaux de la chaîne de valeur du livre.

Il existe déjà un certain nombre de blogs comme Lafeuille, teXtes, ou encore le tiers livre qui relatent de ces évolutions. Mais force est de constater l’apparition d’une dichotomie entre d’un côté ces bloggeurs experts et la grande majorité des acteurs du secteur qui tentent de rattraper leur retard sans avoir à leur disposition une information systémique.

Par-delà cherche ainsi, dans un second temps, à fournir à ces agents les outils nécessaires à la compréhension des débats en cours sur la blogosphère avant qu’ils puissent être amenés à saisir les nouvelles tendances, intégrer les logiques qu’elles sou tendent et proposer des formes en phase avec les usages contemporains.

Vincent
Chargé au développement numérique pour un groupe d'édition

20071231

Zones, nouveau modèle économique et résistance éditoriale

En ce début d'année, je tenais à revenir sur l'arrivée en 2007 d'une intéressante expérience : les éditions Zones. Zones est un label des éditions La Découverte se définissant - cela ne nous étonnera guère- comme un espace de résistance. « Centré sur la contre-culture, l’activisme et les nouvelles formes de contestation, en lien avec les mouvements sociaux et en prise avec les nouvelles théories critiques, il accueille tous les genres et tous les formats. ».

Zones s'appuie sur une identité graphique forte (assurée par les graphistes de l’atelier devalence et qui vient d’être récompensée par le jury du Concours des plus beaux livres français 2007) et l’élaboration d’objets éditoriaux atypiques. On y trouve pèle mêle : Col Blanc, un roman graphique américain de 1940, Propaganda, un ouvrage considéré comme la théorie des relations publiques de 1928 mais également des œuvres d’auteurs contemporains et un recueil de lettres de non-motivation.

Jusque-là rien de réellement révolutionnaire. C’est sans compter le modèle économique du label qui conjugue une publication commerciale classique sur papier et la diffusion en libre accès sur Internet. On peut effectivement visionner l’intégralité des ouvrages sur le site ou via des widgets.


L'espérance de viabilité économique de cette expérience réside dans la nature même de l'objet livre qui découle du postulat suivant : le livre doit être un véritable objet graphique pour pouvoir être désiré. Cette hypothèse semble heuristiquement juste si l’on observe les volumes vendus. Je ne possède pas de chiffres certifiés mais le classement proposé par Amazon.fr faisait pointer Propaganda le 23 décembre (2 mois et demi après sa date de sortie) à la 97ème place.

Il s’agit selon l’éditeur d’ « une démarche qui, dans son travail sur la forme, le format et le mode de diffusion traduit matériellement le désir que d’autres choses (re)deviennent possibles ».

Espérons que cet essai puisse trouver une viabilité et donner de nouvelles idées à d’autres éditeurs.

20071230

Une page MySpace dédiée à HarperTeen

HarperTeen, une marque du groupe HarperCollins, a monté un partenariat avec MySpace pour lancer MySpace/HarperTeen, un site communautaire personnalisable afin que les lecteurs adolescents puissent rentrer en contact, lire les blogs d’auteurs, interagir sur des forums thématiques, obtenir des informations sur les dernières parutions et participer à toutes sortes de programmes marketing. Le site, surfant sur la tendance à l’UGC, met également à disposition des membres des outils afin qu’ils puissent soumettre leurs œuvres à leurs pairs. A partir de janvier 2008, le site proposera des chats d’auteurs et un concours d’écriture.

“With millions of teens spending their time online everyday, it makes perfect sense for us to partner with MySpace to build the HarperTeen community,” déclare Diane Naughton, vice présidente du marketing chez HarperCollins Children’s Books. “Our custom community offers readers the latest updates on HarperTeen books and a place to interact with authors and peers—all within the MySpace world.”

A suivre.

20071220

BookFinder Top 10 des livres non réédités

BookFinder.com, le moteur de recherche pour livres usés et nouveautés, a présenté son cinquième top 10 des livres non réédités les plus demandés. Comme entre 98 et 99 % des livres publiés ne sont plus édités, ils ne figurent pas dans les les traditionnelles listes de bestsellers. Anirvan Chatterjee, fondateur de BookFinder.com précise que "Without big marketing budgets behind them, these books have been getting buzz the old-fashioned way: reader word of mouth."
De quoi donner des idées à certains ...

La liste:
1. Once a Runner, by John L. Parker, Jr. (1978)
2. Football Scouting Methods, by Steve Belichick (1962)
3. Sex, by Madonna (1992)
4. Promise Me Tomorrow, by Nora Roberts (1984)
5. The Lion's Paw, by Robb White (1946)
6. The Principles of Knitting, by June Hemmons Hiatt (1988)
7. Raven: The Untold Story of the Reverend Jim Jones and his People, by Tim Reiterman (1982)
8. Aran Knitting, by Alice Starmore (1997)
9. One Way Up, by John F. Straubel (1964)
10. Dear and Glorious Physician, by Taylor Caldwell (1959)

20071219

Le livre électronique iLiad en test dans une école norvégienne


Selon le site norvégien Digi, un projet test a été lancé pour utiliser les livres électroniques iLiad comme livres scolaires. L'article (en norvégien, skoll!) précise que 30 étudiants et 5 professeurs participent au projet. Les livres au format pdf seront fournis par l'éditeur Gyldendal.
Dans un pays où l'Etat fournit les livres aux élèves, les économies qui résulteraient de la généralisation de ce système pourraient être importantes sans forcément entrainer de pertes pour les éditeurs.
Les premières indications résultantes de ce test ne devraient être disponibles avant juillet 2008.