20080509

Les auteurs gagnent en authonomy ?

HarperCollins vient de lancer authonomy.com en version bêta privé . Le concept, très proche de celui de publie.net (François a toujours un temps d'avance), est simple : les auteurs en herbe peuvent charger sur la plateforme les chapitres de leurs opus afin que le reste de la communauté puisse les lire, faire des commentaires et éventuellement favoriser l'émergence d'un titre via le bouche à oreille.
HarperCollins devient ainsi le premier éditeur a intégrer un site communautaire dédié aux auteurs et à leur critiques. L'architecture du site est agréable et ressemble quelque peu aux bibliothèques tels que Librarything ou Babelio, la partie conception éditoriale en plus.
Comme le remarque James Bridle de booktwo.org, le véritable défi sera de sensibiliser les auteurs non publiés et de les persuader de déposer leurs travaux en ligne.

La fin d'O'Reilly France

Coup de froid et mauvais signal pour l'édition numérique:
O'Reilly France ferme boutique.
Alors que Tim développe ses activités tout azimuts outre-atlantique, le marché francophone de l'édition informatique (et STM au sens large) n'assure pas un cash-flow suffisant pour le maintien de la structure française.
Toujours est-il que cela risque de porter un coup au développement numérique de l'édition STM qui était jusqu'à présent en première ligne.
via immatériel

20080417

L'auteur le plus édité de la planète

Le NYTimes rapporte que Philip M. Parker, professeur de Marketing et Management science à l'Insead, publie à travers sa société, Icon Group Int., plus de 200 000 titres (85 000 présents sur amazon.com).
Notre homme n'est pas réellement auteur mais plutôt collecteur. En compilant des algorithmes issus du web sémantique avec l'impression à la demande, il a développé un outil permettant notamment d'écrire et d'éditer un livre de manière automatique en un temps record.

Preuve par l'exemple dans cette vidéo (où un ouvrage scientifique est généré en moins de 13 minutes !)



Pour les puristes, la page Method and apparatus for automated authoring and marketing décrit le concept de l'invention.

20080415

Lier son site à Google Book Search ?

Lors d'une conférence au dernier salon du livre, Evan Schnittman, vice-Président d'Oxford University Press USA avait démontré de manière très quantitative les bénéfices retirés de la participation au programme Google Book Search. La solution permettrait d'augmenter la présence (discoverability) des titres et particulièrement ceux du catalogue, le fonds représentant 80% du CA d'OUP. En outre, le taux de transformation des personnes passant par Book Search serait deux fois plus grand que la moyenne.

Le blog d'Hitwise annonce que Google a développé une application basée sur Book Search et étudie son impact sur la vente en ligne au Royaume-Uni. Il est désormais possible de faire des liens vers
Book Search (voir l'exemple fort peu esthétique) et d'utiliser l'application comme outil de feuilletage en ligne et de renvoi vers les sites marchands. Pour disséminer cette API, Google compte utiliser son réseau de bibliothèques universitaires et a monté des partenariats avec des acteurs tels que Library thing ou Scriblio.

Pour les puristes, je recommande également un billet de Tim O'reilly présentant, graphes à l'appui, les effets de
Google Book Search sur les ventes du catalogue (backlist) aux formats électroniques.

20080407

Amazon contre les éditeurs britanniques

The Times rapporte qu'une guerre des prix en ligne pour les livres a éclaté entre Amazon et certains des plus grands éditeurs de Grande-Bretagne. Penguin, Bloomsbury et d'autres offrent de plus larges réductions sur leurs sites afin d'encourager les clients à acheter directement au lieu d'utiliser le détaillant en ligne.

Certains craignent qu' Amazon considère le prix en ligne des éditeurs comme le prix recommandé au détail et aligne de facto ces accords commerciaux. Je m'explique: si une maison d'édition offre une réduction de 25 % en ligne sur un livre de £20 et si Amazon est détenteur d'un contrat précisant un prix de cession équivalent à 50% du prix de vente public, Amazon voudra acheter l'ouvrage au prix de cession de £7,50 au lieu de £10. Ceci pourrait à terme entraîner une hausse des prix au détail et pénaliser lecteurs et libraires.

La loi du prix unique préserve le marché français de telles situations économique non rationnelles. Mais pour combien de temps ?

20080405

HarperCollins fait glisser le modèle

En rupture avec les pratiques traditionelles, HarperCollins lance le 14 avril prochain une marque basée sur un nouveau modèle économique. La marque, dirigée par l'ancien président d'Hyperion, Robert Miller, publiera environ 25 titres par an au prix de 20 USD. Ils seront disponibles aux formats hardcover, livres électroniques et livres audio. Les ventes seront fermes (pas de retours) et les à-valoir (avances sur recettes des auteurs) seront réduits à portion congrue. En revanche, les droits d'auteurs seront largement supérieurs à la moyenne et les efforts commerciaux seront concentrés sur Internet. Ainsi la marque ne paiera pas pour voir ses titres placés en tête de gondole, pratique courante outre-atlantique.

Cette nouvelle entité cherche à améliorer le modèle économique du secteur en limitant le mécanisme du pilon qui participe à la surproduction et en favorisant la vente sur les canaux de distribution en croissance. M. Miller d'annoncer : L'idée est d'examiner tous les aspects que nous pensons être mauvais et d'essayer de les modifier. Il y a tant d'inneficience dans notre secteur, tant de gaspillage qu'il est temps d'au moins expérimenter des approches qui peuvent éliminer ce gaspillage.

Selon Jane Friedman, CEO d'HarperCollins, C'est le bon moment pour expérimenter un nouveau business model. Nous faisons face à un marché en pleine évolution. Dans ce moment de grande volatilité, où nous reconnaissons tous les aspects qui posent problèmes comme la hausse des à-valoir, les forts taux de retours et le fait que les gens lisent de plus en plus en ligne, nous voulons offrir une information dans tous les formats souhaités.

Si les grands auteurs ne seront pas intéressés par ce modèle, M.Miller pense pourvoir capter des auteurs majeurs qui ont écrit un livre non publié qui ne correspond pas à leur image ou des auteurs en attente de succès.
Les libraires qui, selon Miller, ne sont pas satisfaits par le système du retour, vont devoir faire face à un nouveau durcissement des conditions commerciales. Ceci au moment où les géants que sont B&N et Borders alertent les marchés de l'impact du ralentissement de l'économie US sur leur activité.

Via Wall Street Journal et New York Times

20080324

Changements numériques et acclimatation des oiseaux rares

Le Penguin Group continue de déployer son activité numérique. Bien que de fortes évolutions ont marqué le site US (refonte du site, zone dédiée aux professionnels, vente en ligne des titres aux formats électroniques...), j'aimerais centrer notre attention sur les évolutions de l'activité au Royaume Uni, plus proche du marché français.

Le site penguin.co.uk a connu une refonte. Il intègre à présent des applications 2.0 (blog, syndication rss...) et son ergonomie s'est fortement améliorée (navigation interne, pertinence des liens vers les autres sites du groupe...). Il propose une découverte de l'œuvre avant achat avec Tasters, un outil de mise à disposition des premiers chapitres de toutes les nouveautés aux formats électroniques (pour PC, livres électroniques, Palm, Blackberry et iPhone).

Penguin s'est par ailleurs ouvert aux plateformes communautaires et dispose de pages sur la plupart des réseaux sociaux (FaceBook, Twitter, MySpace). Ceci permet de multiplier les zones de contacts avec d'éventuels lecteurs potentiels.
Penguin a également lancé cette semaine une expérience littéraire,
We tell stories, basée sur une série de six nouvelles utilisant Google Maps, laissant suffisament d'indices pour faire apparaître une septième histoire, cachée sur la toile et faisant l'objet d'un concours (à découvrir chez Virginie).
Enfin, le premier titre des Penguin Enhanced e-Book Classics, une série de titres disponibles aux formats électroniques verra le jour en mai prochain. Les livres électroniques contiendront des bonus comme une filmographie et des illustrations. Le recours aux classiques peut en effet constituer un socle intéressant pour tester les possibilités du numérique. Mais un prix équivalent à la version papier et une offre restreinte (seulement 10 titres proposés en 2008) ne me semblent pas de nature à développer structurellement le marché.

Petite vidéo de Reuters qui reprend certains de ces éléments:


Note intéressante, Publishers Weekly rapporte que Genevieve Shore, global digital director du Penguin Group a annoncé que les ventes aux formats électroniques pour les deux premiers mois de 2008 s'effectuent sur tous supports, le premier étant le Sony Reader (et non le Kindle).

20080317

Le grand lecteur, acteur fort présent en ligne

Selon la dernière enquête menée par TNS-Soffres sur les Français et la lecture, les grands lecteurs seraient tendanciellement plus présents sur la toile. On relève notamment:

13 % des Français qui surfent sur le web tous les jours ou presque sont de grands lecteurs (contre 9 % en moyenne) alors que seulement 20 % d’entre eux sont non lecteurs (contre 31 % en moyenne). A l’inverse, parmi ceux qui n’utilisent pas l’outil Internet, 43 % sont non lecteurs.

Ceci milite à court terme pour un renforcement des dispositifs webmarketing et à moyen terme pour un élargissement des publications en ligne.

20080311

Quelle protection pour les publications électroniques ?

Gare de Lyon, vendredi soir. Je prends le train sans un livre. Passage obligé dans une librairie entre Hédiard et les guichets sncf. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Le dernier McCarthy ? Pas l'envie du moment. Rayon essais ? Rien d'intéressant. Mon regard s'arrête sur les audiolib (la collection de livres audio lancée par Hachette, France Loisirs et Albin Michel). Pourquoi ne pas tenter l'expérience ? Je prends le Grangé (24.49 €!), file sur le quai, trouve la rame, le siège, allume mon laptop, charge l'audiolib et le transfert sur mon Pod. La charmante jeune femme assise à mes côtés est surprise, me pose quelques questions. Après 5 minutes, je lui donne le CD pour qu'elle fasse une copie et nous frissonnons conjointement, isolés dans nos écouteurs respectifs.

Je le reconnais volontiers, ce qui précède est une fiction (il y avait un indice). Il me semble néanmoins intéressant de souligner au moins deux choses:
  • Cette nouvelle offre audio est un signal fort sur un marché français encore à la traîne.
  • Le format numérique des audiolib est le mp3, un format standard sans protection.
Le second point est en phase avec la tendance lancée par Random House, et suivie par d'autres éditeurs comme Penguin. Il est vrai que les majors du disque ont abandonné la gestion numérique des droits (DRM) alors que le piratage est présumé responsable d'environ 20 % de la chute des revenus de l'édition phonographique nord américaine selon l'IPI (un taux surévalué pour certains). La question est tranchée... en matière de livre audio.

En matière de publication électronique (e-books), rien n'est moins sûr. Les dispositifs existent outre-atlantique et ne demandent qu'à être mis en œuvre. Pour autant la corporation n'a pas encore de position affirmée. Les investissements pour appliquer les DRM sont coûteux (architecture du SI, mise en place du Digital warehouse avec outils ad hoc…) et impliquent des relations étroites avec en amont les éditeurs et en aval les sites marchands. Il semblerait que seuls les diffuseurs historiques soient en mesure de développer de telles structures. Les éditeurs vont-ils une nouvelle fois s'en remettre aux diffuseurs/distributeurs?

La véritable question n'est pas là. Il s'agit plutôt de savoir si le secteur a besoin de DRM ou non. La gestion numérique des droits a fait fuir les acheteurs de disques. Les lecteurs auraient-ils la même attitude? Faut-il pour autant se passer de protection sous couvert d'interopérabilité des formats et de liberté à disposer de son bien ?
Pardonnez la mauvaise analogie mais, si l'on ferme à clé une voiture, ce n'est pas pour détourner le voleur professionnel de son méfait (cela n'aurait que peu d'effet) mais pour empêcher les gosses de se tuer en faisant des idioties.
L'alternative réside dans le tatouage numérique (ou watermarking).Avec le watermarking, les fichiers ne sont pas verrouillés mais incluent dans leur en-tête diverses informations dont les nom et prénom de l’acheteur. Cette solution a été adoptée par Apple et son iTunes store en juin dernier. Si pendant les premiers jours les consommateurs ont crié au scandale et au bafouement de leurs droits et de leur vie privée, il semble que le soufflé soit retombé et que la majorité ait rejoint le consensus actuel qui convient qu’il n’y a pas de réel dommage à avoir son nom sur des fichiers achetés, comme on mettrait son nom sur un CD ou un autre support physique.
Ainsi, à
défaut d'obtenir la quasi parfaite traçabilité qu'offre la gestion numérique des droits, il serait possible d'envisager un tatouage qui responsabiliserait le lecteur et s'en remettre à la sagesse des foules (que traite affordance). Des signaux forts militent en ce sens: le piratage a tendance à régresser, tandis que la consommation d'offres légales prend une nouvelle inflexion avec l'arrivée de la vidéo à la demande.
Espérons que la mission de réflexion sur le livre numérique confiée à Bruno Patino achoppe en mai prochain sur des mesures qui puissent à terme satisfaire le lecteur, les éditeurs et les libraires afin de structurer l'inévitable émergence des formats numériques.

20080309

Mener des partenariats pour accroître les comptences

HarperCollins poursuit la mise en oeuvre de sa stratégie de développement numérique. The Bookseller rapporte que le groupe a fait l'acquisition de The Friday Project, maison spécialisée dans le web to print, la publication papier de talents trouvés sur Internet. Créée en 2005, la société serait financièrement mal en point. Par-delà l'acquisition des droits de quelques titres, il s'agit d'utiliser l'expertise de la structure pour donner une nouvelle ampleur aux actuelles opérations numériques .

20080306

Analyser les pratiques numériques

L'agence Wiggin a publié la version 2008 du rapport sur les divertissements numériques au Royaume-Uni. Puissante analyse des comportements induits par les pratiques numériques, l'étude porte son attention sur les livres audio et les livres électroniques.

Qu'apprend-on des habitudes outre-manche ? Un attachement très fort au livre papier (76 % de l'échantillon), un intérêt pour les livres électroniques (45 %), mais une relative méconnaissance des supports électroniques (68%) et audio (69 %).

A la question How appealing do you find the concept of the "e-book"? la réponse est négative à 61 % en matière de livres électroniques et à 63 % en matière de livres audio. Une très large majorité des personnes interrogées ne pense pas se tourner vers une offre électronique dans les six prochains mois.
Les fabricants de supports doivent donc améliorer techniquement les terminaux de lecture, les éditeurs fournir plus de titres dématérialisés et les marketeurs susciter l'envie.

20080305

Marchés B2B, business modèles

En écho au billet de J.-M. Salaün sur les résultats 2007 de Reed-Elsevier, je souhaitais faire un parallèle avec la copie de Wolters Kluwer (WK) et mettre en exergue la dynamique des groupes qui ont intégré depuis quelques années la dimension numérique dans leur stratégie de développement.

Editeur de plusieurs centaines d’ouvrages et périodiques à destination des professionnels, WK se définit aujourd’hui comme un leader des solutions d'information pour les professionnels. Tout comme Reed–Elsevier, le groupe opère depuis quelques années un glissement de son activité. En complément du support papier, WK propose une vaste gamme de progiciels de gestion (ERP) et autres solutions en ligne accessibles via des portails ou des webservices. En 2007, les revenus tirés de ces activités en ligne ont progressé de 9% et représentent dès lors la moitié du chiffre d'affaire du groupe. Une grande partie de l’activité étant effectuée outre-atlantique, la faiblesse de l’USD a impacté sur la croissance du chiffre d'affaire qui s'établit à 1%. Ceci est contrasté par une progression de 25% du résultat d’exploitation (+1% de CA et +25% de résultat!!). L’EBITA en croissance de 20% réplique une hausse de 17% en 2006. La baisse des coûts structurels pour un montant de 161 millions d’euros (128 millions en 2006) est en grande partie imputable aux efforts de restructuration consentis par le groupe mais il y a fort à croire que l’optimisation de l’informatique éditoriale ainsi que les économies liées à la substitution des activités online au papier (fabrication, impression, acheminement) contribuent déjà amplement (et d'autant plus dans les années à venir) à une plus juste gestion des opérations.

Certes le modèle économique des marchés B2B ne subit pas les mêmes contraintes que l'édition tous publics (clients captifs, faible élasticité-prix qui donne moins d’importance au phénomène de gratuité particulièrement prégnant sur la toile). Mais ces exemples montrent que le numérique permet à l'éditeur de se recentrer sur son cœur de métier en se basant sur les compétences distinctives de la maison d'édition et en proposant des offres en phases avec les différentes pratiques et besoins des lecteurs. Les éditeurs traditionnels doivent s'inspirer de ces modèles. Car si le numérique peut offrir des relais de croissance, il s'avère également être un levier puissant pour poursuivre la nécessaire rationalisation du processus de production.

20080303

Internet, gratuité et modèles économiques

Chris Anderson, l'auteur de la longue traîne, revient avec un article Free! Why $0.00 Is the Future of Business. L'auteur montre que les ressorts économiques du web sont basés sur des coûts marginaux qui tendent vers zéro. Il distingue ensuite six types de modèles économiques en phase avec cette tendance. Ci-après quelques passages :
The Web is all about scale, finding ways to attract the most users for centralized resources, spreading those costs over larger and larger audiences as the technology gets more and more capable. It's not about the cost of the equipment in the racks at the data center; it's about what that equipment can do. And every year, like some sort of magic clockwork, it does more and more for less and less, bringing the marginal costs of technology in the units that we individuals consume closer to zero.
Technology is giving companies greater flexibility in how broadly they can define their markets, allowing them more freedom to give away products or services to one set of customers while selling to another set.
Anything that touches digital networks quickly feels the effect of falling costs. There's nothing new about technology's deflationary force, but what is new is the speed at which industries of all sorts are becoming digital businesses and thus able to exploit those economics.

En prime, la présentation de Chris:

20080225

Nouveaux comportements, nouvelles offres

Larousse prépare un dictionnaire 2.0 donnant la possibilité aux contributeurs de signer leurs articles et aux internautes de les commenter. La plateforme se diviserait en trois modules: un dictionnaire multimédia (150 000 occurrences et 11 000 media), une zone de découverte et un espace élèves.
Autre alternative, Bayard propose via Cyberlibris une offre de consultation gratuite contre inscription en ligne. L'éditeur mène une expérimentation dans la lignée de l'offre d'Eon, filiale d' HarperCollins.

20080222

Un pas de plus vers le viral

Le principe est simple: développez un site web en full flash, demandez de l'aide à BRM et le site est "widgetisé". Les Daft Punk avaient été les premiers à populariser l'outil, Albin Michel l'applique désormais à un site compagnon. Vous pouvez faire un essai et voir si cela vous donne envie d'acheter l'ouvrage.

20080215

Des outils pour changer l'édition

La seconde édition de Tools of Change for Publishing, une série de conférences organisée par l'éditeur O'Reilly, s'est déroulée à guichets fermés du 11 au 13 février dernier.
Son objectif est de présenter des idées, outils et bonnes pratiques à des éditeurs conscients des besoins qu'entraine l'adoption de nouveaux modèles économiques. Les conférences feront sûrement l'objet de présentations en ligne d'ici quelques semaines mais l'on peut dès à présent faire un tour sur le blog de George Walkley qui fournit un premier survol éclairant.
Au delà des grandes annonces effectuées par Random House et HarperCollins déjà reportées ici-même, on retiendra l'intérêt suscité par Smashwords, une plateforme d'auto-publication et d'auto-promotion permettant une mise en public sous différents formats électronique (en somme, la synthèse de feedbooks et de publie.net). Enfin, LibreDigital, fournisseur de solutions de gestion d' actifs numériques (DAM), a mis en avant eCompile un service de réallocation de contenus permettant de concevoir des ouvrages à partir des ressources d'anciens titres.

20080214

Créer des utilisateurs passionnés

Dans le cadre de Tools of change, Tim O'reilly s'est entretenu avec Kathy Sierra, co-créatrice d'une série d'ouvrages de STM fort reconnue outre-atlantique, Head First. Pendant plus de 30 minutes, Kathy présente sa méthode de travail et l'esprit qui habite son production process. A noter que Head first Java est resté dans le Top 10 des ventes d'Amazon.com entre 2003 et 2005.
Très intéressant !


Et profitez-en pour explorer son blog: creating passionate users.

20080212

La vente parcellisée chez Random House

Après l'expérimentation lancée par O'Reilly en juin dernier, Random House présente à Tools of Change un programme de vente parcellisée (vente au chapitre ou à l'article). Le premier titre est Made to Stick: Why Some Ideas Survive and Others Die. Le prix, USD 2.99€, me semble particulièrement élevé (surtout quand on constate que l'ouvrage est disponible à partir de 11,34 € sur amazon.fr). Selon le WSJ, le consommateur recevra un lien par courriel qui lui permettra de télécharger le chapitre sur PC, laptop et à terme sur d'autres terminaux mobiles.

20080211

HarperCollins met des livres gratuitement en ligne

Selon The Bookseller, HarperCollins est sur le point d'offrir des livres électroniques gratuits sur son site. Ceci est rendu possible grâce au développement de son widget qui ne présentait jusqu'à présent que les bonnes feuilles. On trouvera notamment un roman de Paulo Coelho et un ouvrage de cuisine signé par Robert Irvine , le Robuchon US. Les titres ne seront pas téléchargeables ni même imprimables et ne resteront disponibles que pendant un mois. En revanche, un lien permettra l'achat direct sur Amazon.com.
Selon HarperCollins, il s'agit de donner le moyen au lecteur de feuilleter le livre en ligne de la même manière qu'en librairie.
L'éditeur propose donc un service en phase avec les nouveaux comportements des lecteurs internautes: la découverte ante-achat. Ce phénomène déjà très pregnant pour le cinéma (la bande annonce) ou pour le disque (l'écoute du single) s'est accentué avec les possibilités offertes par le numérique. Pour l'éditeur les avantages sont au moins triple:
  • Il peut ainsi générer du trafic sur son site
  • Il signale la qualité de ses ouvrages en toute transparence.
  • Il étudie grâce au lien vers Amazon l'impact d'une telle offre sur la décision d'achat en ligne (impulsion et taux de transformation).

Ci-après la présentation de Brian Murray:

20080205

Et la masse devint critique

Le réseau social dédié au livre et à la lecture Babelio lance aujourd'hui la deuxième session de Masse Critique, son programme d'échange livres contre commentaires en ligne.
Alors que la première opération ne comprenait que 10 titres, plus de 70 ouvrages sont aujourd'hui disponibles. Parmi les éditeurs présents, on dénombre des ténors comme Robert Laffont, Plon, XO, Calmann-Levy, Belfond, Pocket, Fayard, Presses de la Cité, Stock, Julliard, Le Seuil, 10/18, Lattès, Oh!, Grasset, Kurokawa, Presses de la Renaissance, Fleuve Noir mais également des petits acteurs comme Arte éditions, Le Pré aux clercs, L'Altiplano, Rando ...
Si vous animez un blog et êtes inscrit à Babelio, il y a forcément un livre que vous avez envie de lire et de commenter.

20080204

la vidéo en flamm' (le web)

Le recours à des vidéos amateurs cheaps montées sur un ton humoristique pour promouvoir une firme ou un produit aura été l’une des innovations marketing de 2007. Quelques éditeurs ont mené des expérimentations, notamment oh! pour qui Baffie raillait l’ouvrage de Bigard. Flammarion poursuit aujourd'hui cette voie en présentant une série de 5 clips.

Quel impact peut avoir un telle vidéo sur le comportement du spectateur-lecteur ? Personnellement, je ne reste pas insensible mais n'étant pas fan du genre, je ne sais que penser. J'aurais sans doute été plus touché par un morphing transformant les traits d'une jolie fille en quelque batracien (et inversement) pour illuster la sortie du pack Eloge de la beauté/laideur.

The guardian rapporte une étude notant que « 80 % des publicités virales ne sont pas suffisamment intéressantes pour que les internautes aient l’idée de les faire circuler sur Internet ». Dans ce cadre, l'idée de série peut paraître intéressante au sens où elle permet de toucher plusieurs cibles et apporte un complément de matière aux cibles intéressées. Postées il y a 5 jours, les vidéos ont été vues plus de 4 000 fois. Et commencent ainsi à participer au mix.

20080116

Nouvelle expérimentation HarperCollins

Pour les 10 ans de sa filliale EOS, HarperCollins offre tous les deux mois la version électronique d'une nouveauté majeure via son site de vente en ligne, PerfectBound. Le premier ouvrage mis à diposition s'intitule Shaman's crossing, et s'avère être le tome 1 de la trilogie de l'enfant soldat. Le téléchargement, réservé aux citoyens US est accessible jusqu'au 29 février prochain.

Neuf ans après l'expérience de distribution exclusivement en ligne menée par Stephen King (plus de 500 000 copies de Riding the Bullet avaient été téléchargées, gratuitement ou au prix de USD 2.50), HarperCollins relance le concept de diffusion gratuite.

Les effets escomptés en terme de marketing peuvent être multiples:

- L'éditeur communique sur un titre de manière détournée et peut espérer une couverture médiatique plus large que celle anticipée par un plan de communication traditionnel.
- Il accroît sa base de donnée clients puisque l'obtention de l'ouvrage est soumise à une inscription préalable.
- Il pourra relancer les acquéreurs du premier tome lors de la sortie des opus suivants.

Si la publication électronique n'est pas encore une source de profit, elle constitue déjà un réel support de communication.

20080111

Tendances 2008 de l'édition US

Mike Shatzkin, CEO de The idea Logical Company et consultant es changements numériques dans l'édition depuis 20 ans, présente dans Publishers Weekly les quinze tendances à observer en 2008. Si certaines prédictions peuvent paraître presque fantaisistes (notamment un niveau de vente de livres électroniques escompté à 2 % du CA du livre aux USA soit 200 millions d'USD en 2008 contre 54 millions d'USD en 2006), les changements structurels présentés devraient en toute vraisemblance se manifester sur le marché nord-américain. Ci-après un rapide survol:

1. 2008 sera l'année des auteurs. Les initiatives menées par HarperCollins et Random House seront suivies par d'autres éditeurs. Les auteurs vont sortir de leur dépendance vis à vis des éditeurs grâce à l'autopublication et l'autopromotion. De nouveaux services comme Knol, le wiki de Google faisant appel à des auteurs qualifiés risquent de modifier le statut de l'auteur et sa reconnaissance en ligne. Certains vont jusqu'à penser que le changement de paradigme pourrait arriver par les auteurs. A contrario, les agents vont commencer à se restructurer car les conditions du marché vont rendre difficile le maintien des petites agences.
2. Les maisons d'édition vont commencer à acquérir ou lier des alliances avec des sites web afin d'obtenir du contenu pour leurs ouvrages et pour atteindre leur coeur de cible.
3. Les ventes de livres personnalisés, rendues possibles par les développements combinés de l'autopublication et de l'impression à la demande, seront substantielles pour Noël 2008.
4. Le XML et la conception multi-supports ne seront plus considérés comme des options. Les ventes de livres personnalisés vont mettre en exergue les possibilités de réallocation du contenu des livres du catalogue.
5. Dans ce cadre, les éditeurs proposeront des versions Hardcover de leurs ouvrages paperback. On verra également poindre de manière parallèle des offres pour les supports électroniques.
6. Les éditeurs vont commencer à offrir des packages incluant livre papier & livre-audio voire même livre papier & livre-audio & livre électronique.
7. La popularité des livres électroniques va s'accroître. Les titres supportés par le Kindle d'Amazon (ie le format PRC de Mobipocket ) devant tracer la voie, les éditeurs doivent s'assurer que les ouvrages qu'ils mettront en ligne supportent bien ce format. Par ailleurs, voyant la croissance de l'utilisation du kindle d'Amazon et du Sony Reader, Apple va rendre le iPod capable de lire des livres électroniques.
8. Les ventes de livres électroniques pour les bibliothèques publiques devraient s'accroître comme c'est déjà le cas pour les bibliothèques universitaires.
9. La publicité en ligne devrait encore prendre des parts de marché au détriment des traditionnels vecteurs de communication.
10. Les grands salons comme Frankfurt ou Londres vont perdre de leur importance au profit d'une activité commerciale continue.

20080110

Changer structurellement d'attitude

A en croire les projections pour le mois de Novembre parues dans Livres Hebdo, le marché 2007 devrait atteindre une croissance en valeur supérieure à 2%. Gallimard se taille la part du lion et il y a fort à croire que le groupe va obtenir, comme en 2005, des taux à 2 chiffres. On relèvera également les efforts mis en œuvre par une maison, souvent considérée (à tort) comme archaïque, pour se tourner vers le numérique (refonte du site, expériences avec Numilog...). Mais il y fort à croire que Gallimard soit l'arbre qui cache la forêt. En effet, la production a encore augmentée en octobre (+ 10,5% sur un an; + 45 % sur 5 ans!!) et un grand nombre de maisons poursuit une fuite en avant en appliquant la règle de l'augmentation de l'offre pour répondre à une baisse de la demande.

Certaines maisons doivent être dans une position délicate. Et les rayons des libraires sont toujours pleins.

Les acteurs de l'édition vont-ils se contenter longtemps d'une telle situation, s'en remettant aux variations conjoncturelles du marché ?
N'est-il pas temps d'opérer un glissement structurel permettant la conception de nouvelles formes de restitution de l'écrit ?

L'environnement autour de la corporation évolue sans cesse, faisant apparaître de nouvelles opportunités mais également de nouveaux acteurs dont l'acuité et la faculté d'adaptation sont nettement plus développées que celles des acteurs traditionnels. Ce phénomène est renforcé par une attitude frileuse mise en exergue dans le document de Vista (mais également le rapport Interactive content and convergence remis à la commission européenne en octobre 2006). Ce comportement frileux et dédaigneux nous rappelle la position des acteurs du disque à la fin des années 90. Or, on peut penser qu'aujourd'hui les majors du disque abandonnent les DRM car elles n'ont p